Retraite progressive dès 60 ans : conditions, calcul et démarches

Mis à jour le 16 octobre 2026.

La retraite progressive permet de travailler à temps partiel tout en touchant une partie de sa retraite. Depuis le 1er septembre 2025, elle est ouverte dès 60 ans, quelle que soit l’année de naissance, avec 150 trimestres et un temps partiel compris entre 40 % et 80 % (50 % à 90 % dans la fonction publique). La part de retraite versée est égale à 100 % moins votre temps de travail, et vous continuez à cotiser.

Le principe : travailler moins et toucher une partie de sa retraite

En fin de carrière, vous réduisez votre activité. En échange, vous percevez une fraction de vos retraites de base et complémentaires, en plus de votre revenu à temps partiel.

Vous continuez à cotiser. Quand vous arrêtez totalement de travailler, vous demandez votre retraite définitive, qui est recalculée. Ce n’est pas un cumul emploi-retraite : celui-ci concerne les personnes qui travaillent après leur retraite définitive.

Les conditions d’accès en 2026

Avoir au moins 60 ans

Deux décrets du 15 juillet 2025, publiés au Journal officiel le 23 juillet 2025, ont fixé l’âge d’accès à 60 ans pour les retraites progressives qui prennent effet à partir du 1er septembre 2025. Avant, il allait de 60 à 62 ans selon l’année de naissance.

L’âge légal, qui compte pour la retraite définitive, dépend lui de votre génération. Pour une retraite prenant effet depuis le 1er septembre 2026, il va de 62 ans et 9 mois (né en 1964) à 64 ans (né à partir de 1969), selon Service Public. Voir notre page sur l’âge de départ par génération.

Réunir 150 trimestres

Il faut au moins 150 trimestres, soit 37,5 années, dans un ou plusieurs régimes de base. Comptent notamment les trimestres cotisés, les périodes assimilées (chômage, maladie), les trimestres rachetés et les majorations pour enfants. Pour faire le point, consultez notre guide sur les trimestres cotisés, assimilés et validés.

Travailler à temps partiel

Dans le privé, la somme de vos activités doit représenter entre 40 % et 80 % de la durée légale ou conventionnelle du travail. Si vous étiez déjà à temps partiel avant de remplir les autres conditions, vous pouvez aussi en bénéficier.

Les situations exclues

  • vous touchez une préretraite ;
  • vous êtes salarié et exercez aussi une activité indépendante ;
  • vous utilisez votre indemnité de départ à la retraite pour maintenir votre salaire ;
  • vous ne pouvez pas produire de contrat de travail, comme certains dirigeants de société.

Salariés, fonctionnaires, indépendants : les règles selon votre statut

Salariés du privé, y compris au forfait jours

La fourchette de 40 % à 80 % s’applique. Au forfait jours, vous devez travailler entre 87 et 174 jours pour un forfait maximal de 218 jours. Les contractuels de la fonction publique suivent les conditions du privé, avec les règles de temps partiel de la fonction publique.

Fonctionnaires

Les fonctionnaires de l’État, territoriaux et hospitaliers y ont accès dès 60 ans avec 150 trimestres. Leur temps partiel doit être compris entre 50 % et 90 %, sans autre activité professionnelle. Le temps partiel thérapeutique n’ouvre pas droit au dispositif. Selon la CNRACL, la retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP) n’est versée qu’à l’âge légal. Pour l’État, voyez la page retraite progressive du Service des retraites de l’État.

Artisans, commerçants et professions libérales

L’artisan ou le commerçant doit exercer à titre exclusif et réduire ses revenus professionnels de 20 % à 60 %. La part de retraite suit cette baisse. Les 18 premiers mois, il perçoit à titre provisoire 50 % de sa retraite, puis le montant est réajusté chaque 1er juillet. Le revenu de l’avant-dernière année doit atteindre au moins 40 % du Smic brut annuel. Le départ a lieu le 1er janvier de l’année qui suit la demande. Pour les professions libérales, la part se calcule comme au régime général.

Tableau récapitulatif

Règle Salarié du privé Fonctionnaire Artisan ou commerçant
Âge minimum 60 ans 60 ans 60 ans
Durée d’assurance 150 trimestres 150 trimestres 150 trimestres
Activité Temps partiel de 40 % à 80 % (forfait jours : 87 à 174 jours sur 218) Temps partiel de 50 % à 90 % Activité exclusive, revenus en baisse de 20 % à 60 %
Part versée 100 % moins la quotité de travail 100 % moins la quotité de travail Selon la baisse des revenus
Demande Info Retraite, avec l’attestation de l’employeur État : Ensap. Territorial ou hospitalier : en ligne, ou par l’employeur En ligne, départ au 1er janvier suivant

L’accord de l’employeur et les motifs de refus

Demandez votre passage à temps partiel par lettre recommandée avec accusé de réception, au moins 2 mois avant la date souhaitée. Indiquez la durée de travail voulue et la date de début. L’employeur répond de la même façon dans les 2 mois. Sans réponse écrite et motivée dans ce délai, la demande est considérée comme acceptée.

Un refus doit être justifié par l’incompatibilité de la durée demandée avec l’activité économique de l’entreprise. La loi du 24 octobre 2025 sur l’emploi des salariés expérimentés impose aussi d’expliquer :

  • les conséquences sur la continuité de l’activité de l’entreprise ou du service ;
  • les difficultés pour recruter sur votre poste, si un recrutement est nécessaire.

Voir l’actualité de Service Public sur l’emploi des seniors. Pour les agents territoriaux et hospitaliers, la CNRACL précise que l’employeur doit aussi motiver un refus.

Le calcul de la part de retraite : un exemple chiffré

À l’entrée en retraite progressive, votre caisse calcule une retraite provisoire à partir de vos droits du moment. Vous en touchez une fraction : part de retraite = 100 % moins votre quotité de travail. Vos autres régimes appliquent la même fraction.

Exemple fictif : vous travaillez à 60 %. Votre retraite provisoire est de 1 000 euros brut par mois au régime de base et de 500 euros brut par mois à l’Agirc-Arrco (montants choisis pour l’exemple).

  • Part de retraite : 100 % moins 60 % = 40 %.
  • Retraite de base versée : 1 000 × 40 % = 400 euros brut par mois.
  • Retraite complémentaire versée : 500 × 40 % = 200 euros brut par mois.
  • Total, en plus du salaire à temps partiel : 400 + 200 = 600 euros brut par mois.

À 80 % de temps de travail, la part tombe à 20 %, soit 300 euros. À 40 %, elle monte à 60 %, soit 900 euros. Pour votre cas, le service « Mon estimation retraite » de votre compte retraite permet une simulation.

La retraite complémentaire Agirc-Arrco

Pour un salarié du privé, l’Agirc-Arrco verse aussi une part de la retraite complémentaire, si la retraite progressive a été obtenue au régime de base. Le taux est le même qu’à l’Assurance retraite ou à la MSA, entre 20 % et 60 %. Le calcul est : part de retraite × total des points × valeur du point.

Si vous n’avez pas la durée du taux plein, un coefficient de minoration temporaire, propre à la retraite progressive, s’applique selon votre âge et vos trimestres. Les tableaux 2026 sont sur la page retraite progressive de l’Agirc-Arrco.

Cotisations, changements et retraite définitive

Vos droits continuent de progresser

Vous cotisez sur votre salaire à temps partiel : vous gagnez encore des trimestres et des points. Les trimestres dépendent du revenu soumis à cotisations, pas du temps de travail. Notre guide sur la validation des trimestres à temps partiel détaille ce point.

Avec l’accord de l’employeur, vous pouvez cotiser sur un salaire à temps plein. Selon l’Assurance retraite, cela donne une retraite du même montant qu’à temps plein. Pour un fonctionnaire de l’État, cette surcotisation est plafonnée à 4 trimestres supplémentaires.

En cas de changement

  • Temps de travail modifié, toujours entre 40 % et 80 % : la part est révisée le 1er jour du mois suivant. Prévenez votre Carsat.
  • Sortie de cette fourchette : le versement est suspendu.
  • Reprise à temps plein : la retraite progressive est supprimée, sans retour possible.
  • Revenu à temps partiel égal ou supérieur à votre revenu antérieur : le versement cesse définitivement.

Le recalcul à la retraite définitive

Le passage à la retraite définitive n’est pas automatique : vous devez le demander, en principe à partir de l’âge légal. L’Agirc-Arrco conseille de le faire six mois à l’avance. La retraite complète est calculée selon les règles habituelles, avec la période à temps partiel. Elle ne peut pas être inférieure au montant provisoire du départ.

Les démarches, étape par étape

  1. Vérifiez votre relevé de carrière et vos 150 trimestres dans votre compte retraite.
  2. Estimez votre part de retraite avec « Mon estimation retraite ».
  3. Demandez le temps partiel à l’employeur, au moins 2 mois avant la date visée.
  4. Faites remplir l’attestation employeur de retraite progressive.
  5. Déposez la demande sur Info Retraite, service « Demander ma retraite progressive », au plus tôt 5 mois avant la date souhaitée. Une seule demande vaut pour toutes vos caisses.

Sans internet, un formulaire papier existe. Fonctionnaire de l’État : la demande unique n’est pas transmise au Service des retraites de l’État, faites-la aussi sur Ensap. Les fiches Service Public détaillent chaque cas : retraite progressive du salarié et retraite progressive de l’agent public.

Questions fréquentes

À quel âge peut-on demander une retraite progressive en 2026 ?

Dès 60 ans, quelle que soit votre année de naissance, pour une retraite progressive qui prend effet depuis le 1er septembre 2025. Il faut aussi 150 trimestres et un temps partiel.

Mon employeur peut-il refuser ma retraite progressive ?

Oui, mais il doit répondre par écrit dans les 2 mois et motiver son refus : incompatibilité avec l’activité de l’entreprise, effets sur la continuité de l’activité et, si besoin, difficultés de recrutement. Sans réponse dans ce délai, la demande d’un salarié est acceptée.

Quelle part de retraite touche-t-on en travaillant à 60 % ?

Vous touchez 40 % de votre retraite provisoire, car la part versée est égale à 100 % moins votre quotité de travail. La même fraction s’applique à la retraite de base et à l’Agirc-Arrco.

La retraite progressive fait-elle baisser la retraite définitive ?

Non. La retraite définitive est recalculée avec les cotisations versées à temps partiel. Elle ne peut pas être inférieure au montant provisoire calculé à l’entrée en retraite progressive.

Peut-on reprendre un temps plein pendant une retraite progressive ?

Oui, mais la retraite progressive est alors supprimée à partir du 1er jour du mois suivant, et vous ne pourrez plus la demander de nouveau.

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