Illustration du guide : Le relevé d'un fonctionnaire

Relevé de carrière d’un fonctionnaire : le lire, le corriger

Mis à jour le 17 octobre 2026.

Fonctionnaire de l’État, vous vérifiez votre carrière dans votre compte individuel de retraite (CIR), sur ensap.gouv.fr ; fonctionnaire territorial ou hospitalier, dans l’espace Ma retraite publique de la CNRACL. Une période de fonctionnaire absente ou fausse se fait corriger par votre employeur public, ou pour l’État par le Service des retraites de l’État (SRE), pièce justificative à l’appui. Vos années de contractuel relèvent en général de l’Assurance retraite et de l’Ircantec.

Les règles communes à tous les relevés sont dans notre guide relevé de carrière : le lire, le vérifier et le corriger.

Quel relevé consulter selon votre fonction publique

Le compte de votre caisse détaille services, bonifications et enfants ; le relevé tous régimes montre année par année toutes vos caisses, privé compris.

Votre situation Où consulter Qui corrige
Fonctionnaire de l’État, magistrat Compte individuel de retraite sur ensap.gouv.fr Votre employeur ou le SRE : l’ENSAP vous oriente
Fonctionnaire territorial ou hospitalier Compte individuel retraite et « Toute ma carrière » dans Ma retraite publique Votre dernier employeur relevant de la CNRACL
Périodes de contractuel Relevé tous régimes (Assurance retraite, Ircantec) Avant 55 ans : l’employeur concerné, pas la caisse, selon l’Ircantec ; ensuite, « Corriger ma carrière » sur info-retraite.fr

Selon le Service des retraites de l’État, info-retraite.fr montre vos données de carrière à tout âge, le relevé du droit à l’information dès 35 ans et l’estimation retraite dès 55 ans.

Ce que contient votre compte individuel de retraite

Le CIR regroupe ce qui servira à calculer votre pension : périodes de carrière, situation familiale, bonifications. Vos employeurs l’alimentent, à la CNRACL notamment par la déclaration sociale nominative (DSN). Il n’est pas tenu en temps réel :

  • à l’État, les informations d’une année sont disponibles à partir de mai de l’année suivante ;
  • à la CNRACL, les données sont arrêtées au 31 décembre de l’année précédente et restent indicatives ;
  • sur le relevé tous régimes, la dernière année de cotisations n’apparaît qu’à partir de l’année suivante, rappelle l’Ircantec.

Selon l’Ircantec, le relevé tous régimes ne montre que la carrière : congé parental, majorations pour enfants ou service militaire peuvent être pris en compte, sous conditions, à la demande de retraite. Une majoration pour enfants absente aujourd’hui n’est donc pas forcément perdue.

Services et durée d’assurance : deux compteurs différents

  • Les services et bonifications (la durée de services) fixent le pourcentage de votre pension (75 % au plus, 80 % avec certaines bonifications). Une fraction de trimestre d’au moins 45 jours compte pour un trimestre. Le temps partiel y compte au prorata.
  • La durée d’assurance tous régimes décide de la décote ou de la surcote. Elle ajoute les trimestres d’autres régimes, le chômage indemnisé, les études rachetées et des majorations pour enfants. Le temps partiel y compte comme du temps plein, et une année civile ne peut pas dépasser 4 trimestres.

Exemple fictif, calculé avec les règles du SRE : 10 ans à 80 %, sans surcotisation, donnent 32 trimestres de services (10 × 0,8 × 4) mais 40 trimestres de durée d’assurance. Ce n’est pas une erreur. De même, vos trimestres du privé comptent pour la décote, pas pour le pourcentage. La formule est détaillée dans notre page retraite des fonctionnaires : calcul et âge de départ.

Comment chaque période doit apparaître

Règles de la fonction publique de l’État, d’après le SRE (services valables pour la retraite, périodes non prises en compte) et service-public.gouv.fr :

Période Effet sur vos services À vérifier
Temps partiel (cas général) Au prorata ; à temps plein si vous avez surcotisé (4 trimestres au plus) Quotité, dates, mention de la surcotisation
Temps partiel thérapeutique À temps plein Qu’il n’ait pas été réduit
Temps partiel de droit, congé parental ou disponibilité pour élever un enfant né ou adopté à compter du 1er janvier 2004 Comptés sans cotisation, dans la limite de 3 ans par enfant Les dates ; un chevauchement n’est compté qu’une fois
Autre disponibilité Ne compte pas Un emploi exercé pendant ce temps doit figurer dans son propre régime
Congés pour raison de santé (maladie, longue maladie, longue durée), congé de maternité Services effectifs Aucun trou pendant l’arrêt
Grève, exclusion temporaire de fonctions Ne comptent pas Un léger manque peut être normal
Détachement Compté : vous continuez en principe à cotiser à votre caisse ; sur un emploi ne conduisant pas à pension de l’État, seulement si les retenues ont été intégralement payées Arrêtés et preuve du versement
Services militaires D’après l’état signalétique et des services Demander ce document à l’autorité militaire de votre arme
Études rachetées 12 trimestres au plus Décompte et preuve du versement

Les bonifications figurent à part : enfants nés avant 2004, services hors d’Europe, bénéfices de campagne, services aériens ou sous-marins. Sauf retraite pour invalidité, ces trois dernières sont écartées si votre pension rémunère moins de 15 ans de services effectifs. Pour une pension prenant effet depuis le 1er septembre 2026, s’y ajoute un trimestre par enfant né depuis 2004 pour la femme qui a accouché après son recrutement.

Vos années de contractuel avant la titularisation

Contractuel de droit public, vous cotisiez à l’Assurance retraite et à l’Ircantec. Sauf validation, ces années ne sont donc pas dans votre compte de fonctionnaire : vérifiez-les sur le relevé tous régimes et, pour les points, avec notre page points Agirc-Arrco et Ircantec sur le relevé de carrière. Comme le résume service-public.gouv.fr, tout dépend de cette validation :

  • Services validés : ils apparaissent comme services de fonctionnaire, et la période est annulée au régime général et à l’Ircantec.
  • Sans validation : la période reste à l’Assurance retraite et à l’Ircantec, qui verseront leurs propres pensions.

La validation n’était ouverte qu’aux fonctionnaires titularisés au plus tard le 1er janvier 2013, dans les deux ans suivant la titularisation (article L. 5 du code des pensions civiles et militaires de retraite ; décret du 26 décembre 2003 pour la CNRACL). Titularisé plus tard, vous ne pouvez pas faire valider ces années. Si la CNRACL vous notifie la validation d’une demande déposée à temps, vous avez un an pour l’accepter ou la refuser ; votre silence vaut refus, et ce choix est définitif.

Piège signalé par la CNRACL : après une validation, les trimestres annulés au régime général peuvent être plus nombreux que ceux validés par la CNRACL (hors années d’études). Un total en baisse n’est donc pas forcément une erreur.

Deux cas surprennent :

  • emploi territorial à temps non complet de moins de 28 heures par semaine : Assurance retraite et Ircantec, pas CNRACL, même titulaire ;
  • départ avec moins de 2 ans de services (15 ans pour un départ avant 2011) : vos droits sont rétablis au régime général et à l’Ircantec. À la CNRACL, le dossier revient à votre dernier employeur et le rétablissement doit intervenir dans l’année qui suit la radiation des cadres ; une somme peut vous être facturée. Vérifiez ensuite ces années sur votre relevé tous régimes.

Si vous avez aussi travaillé dans le privé, voyez notre page retraite des polypensionnés.

Qui corrige quoi, et avec quelle pièce

Le SRE met en ligne la liste des pièces justificatives (document non daté) ; une pièce est obligatoire pour toute demande de correction. Extraits :

Erreur constatée Pièce à joindre
Période de fonction publique de l’État absente Arrêté de nomination (élève, stagiaire) ou de titularisation
Début de carrière territoriale ou hospitalière absent État authentique des services établi par la CNRACL, à demander à votre employeur, ou relevé de situation individuelle ou estimation indicative globale montrant cette carrière
Temps partiel mal enregistré Arrêté de temps partiel (quotité, période, surcotisation), puis de réintégration
Disponibilité, congé parental Arrêté ; livret de famille pour un enfant né après le 1er janvier 2004
Nouvelle bonification indiciaire (NBI) absente Premiers et derniers bulletins de paie de chaque année concernée
Grade et indice Aucune correction par le SRE : l’employeur les renseigne chaque année
Trimestres d’autres régimes Le régime concerné, pas le SRE

À la CNRACL, c’est votre dernier employeur relevant de la caisse qui régularise. Pour retrouver un arrêté, demandez par écrit à consulter votre dossier individuel : c’est possible à tout moment, sans motiver la demande, et vous pouvez en demander une copie.

Demander la correction, étape par étape

  1. Notez l’erreur (dates, nature de la période, quotité) et rassemblez la pièce qui la prouve.
  2. État : sur l’ENSAP, menu « Préparer ma retraite », puis « Modifier mes informations ». Si vous n’y avez pas accès, contactez votre service des ressources humaines.
  3. Territorial ou hospitalier : écrivez aux ressources humaines de votre dernier employeur relevant de la CNRACL, copies jointes.
  4. À partir de 55 ans, « Corriger ma carrière » sur info-retraite.fr informe directement vos régimes et permet un suivi en ligne. Ce service n’est pas ouvert aux retraités, ni pour une période de l’année dernière ou de l’année en cours.
  5. Contrôlez le résultat à la mise à jour suivante. L’Ircantec conseille de garder vos justificatifs en attendant.

Modèle de courrier court :

Objet : correction de mon compte individuel de retraite. Madame, Monsieur, la période du [date] au [date] ([temps partiel, disponibilité, détachement…]) est absente ou inexacte dans mon compte. Merci de la faire rectifier. Ci-joint : [arrêté, bulletins de paie]. Numéro de sécurité sociale : [numéro]. Salutations distinguées.

Si la correction tarde ou est refusée, voyez notre page corriger son relevé de carrière : suivi, délais, recours.

Le calendrier avant le départ

  • Le plus tôt possible : selon le SRE, corriger tout de suite est plus facile que chercher des justificatifs à la veille du départ.
  • Au moins 6 mois avant la date prévue : la CNRACL demande aux employeurs d’inviter l’agent à vérifier son relevé tous régimes.
  • Demande de retraite : au moins 6 mois avant le départ au SRE, sinon risque de rupture de paiement ; entre 9 et 6 mois avant à la CNRACL ; passé ce délai, la demande en ligne est rejetée et c’est votre employeur qui la traite.
  • À la CNRACL, votre employeur vous remet un décompte provisoire (carrière, situation familiale, dernière situation indiciaire, estimation). Signalez-lui toute erreur sans attendre et conservez ce document indicatif.

Enfin, à la CNRACL, des services dont les cotisations n’ont pas été versées ne sont retenus qu’une fois la régularisation terminée ; la pension est alors révisée.

Questions fréquentes

Pourquoi mon temps partiel compte-t-il moins dans mes services que dans ma durée d’assurance ?

Les deux compteurs n’ont pas la même règle : au prorata dans les services, sauf surcotisation ou temps partiel de droit pour un enfant né depuis 2004 ; comme du temps plein dans la durée d’assurance.

Mes années de contractuel n’apparaissent pas dans mon compte de fonctionnaire : est-ce normal ?

Oui, sauf si elles ont été validées. Elles relèvent en général de l’Assurance retraite et de l’Ircantec et figurent sur votre relevé tous régimes.

Mon grade ou mon indice est faux dans mon compte : qui le corrige ?

C’est votre employeur, qui les renseigne chaque année : le SRE précise qu’il ne corrige pas cette rubrique. Sauf exceptions, la pension retient le grade et l’échelon détenus depuis au moins 6 mois à la radiation des cadres.

Pourquoi l’année dernière n’apparaît-elle pas encore ?

À l’État, le compte est mis à jour une fois par an : une année apparaît à partir du mois de mai suivant ; à la CNRACL, les données sont arrêtées au 31 décembre précédent.

Puis-je encore faire valider mes services de contractuel ?

En règle générale, non : la validation était réservée aux fonctionnaires titularisés au plus tard le 1er janvier 2013, qui devaient la demander dans les deux ans. En cas de doute sur votre situation, interrogez votre caisse.

Mes enfants ne figurent pas dans mes bonifications : sont-ils oubliés ?

Pas forcément. Leurs justificatifs s’apportent lors de la demande de retraite. Vous pouvez aussi les déclarer dans Ma retraite publique ou demander leur ajout sur l’ENSAP, pièces à l’appui.

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