Mis à jour le 16 octobre 2026.
L’Assurance retraite ne vous demandera jamais vos informations personnelles par courriel, SMS ou téléphone, ni de rappeler un numéro surtaxé, et aucune administration ne réclame vos mots de passe ou coordonnées bancaires par message ou téléphone. Un message qui le fait est une tentative de fraude, même s’il porte un logo officiel. Si vous avez déjà répondu ou payé, appelez d’abord votre banque, puis signalez et portez plainte : voici comment, dans l’ordre.
Les arnaques les plus courantes
Le faux conseiller au téléphone
Une personne se dit agent de l’Assurance retraite ou de votre Carsat, souvent sous un nom passe-partout comme « Mme Martin ». Elle parle d’urgence et vous demande de rappeler un numéro surtaxé en 08 (par exemple le 08 91 24 21 50, cité par l’Assurance retraite). D’autres se disent conseillers de votre banque et vous font valider des opérations « pour les bloquer » : ce sont en fait des paiements à leur profit.
Depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique commercial est en principe interdit sans votre accord préalable, sauf contrat en cours. Les plateformes de démarchage ne peuvent pas vous appeler depuis un numéro en 06 ou 07 (service-public.gouv.fr, démarchage téléphonique).
Les faux sites et les fausses informations
Selon l’Assurance retraite, son logo et ses contenus font l’objet de tentatives de détournement à des fins commerciales. Son site et ceux des caisses régionales n’affichent aucune publicité, et les démarches sur lassuranceretraite.fr sont sans frais. L’Agirc-Arrco rappelle qu’elle ne propose aucune mutuelle santé et ne verse aucune prime d’été, de fin d’année ou de 13e mois. Dans l’adresse d’un faux site, un seul caractère peut changer : tapez vous-même lassuranceretraite.fr, info-retraite.fr (le site commun à tous les régimes) ou agirc-arrco.fr.
Les SMS et courriels de « mise à jour de dossier »
Le message annonce un remboursement, un impayé urgent ou un compte à « sécuriser », avec un lien. En 2026, l’Assurance retraite signale deux faux courriels : une retraite « suspendue » après une demande de changement de RIB, avec un numéro à appeler, et un « complément » de revalorisation à recevoir après vérification de vos coordonnées. Le lien peut mener vers un faux espace personnel qui récupère vos identifiants et vos coordonnées bancaires. Un escroc peut ensuite agir en votre nom : ouvrir un compte, souscrire un crédit.
Les numéros surtaxés
Ne rappelez pas un appel en absence d’un numéro surtaxé ou étranger sans message. Ne répondez pas à un SMS qui vous fait écrire à un numéro à 5 chiffres commençant par 6, 7 ou 8. L’Assurance retraite se joint au 3960, l’Agirc-Arrco au 0 970 660 660, numéro non surtaxé.
Les faux rachats de trimestres et les faux placements
Un vrai rachat passe par votre caisse. Au régime général, vous envoyez un formulaire à votre Carsat ; si elle accepte, elle vous adresse une « Évaluation de versement pour la retraite » qui fixe le montant à verser. Le rachat est limité à 12 trimestres et se demande à partir de 20 ans et avant 67 ans (voir notre guide du rachat de trimestres). Méfiez-vous aussi des placements « sans risque » et très rentables proposés pour compléter votre retraite : c’est le schéma de l’escroquerie au placement.
Le bon réflexe selon ce que vous recevez
| Vous recevez | Le bon réflexe |
|---|---|
| Un appel « de votre caisse » qui demande de rappeler un 08 | Raccrochez. Appelez vous-même le 3960 ou le numéro habituel de votre caisse. |
| Un courriel avec un lien de « mise à jour » | Ne cliquez pas. S’il imite l’Assurance retraite, transférez-le en entier, en-tête compris, à abuse@cnav.fr, puis supprimez-le. |
| Un SMS suspect | Ne répondez pas. Signalez-le au 33700. |
| Un appel de votre « banque » pour valider une opération | Ne validez rien, ne donnez aucun code. Rappelez votre banque par vos moyens habituels. |
| Une mutuelle ou une prime « Agirc-Arrco » | C’est faux : l’Agirc-Arrco n’en propose pas. |
| Un rachat de trimestres ou un placement « sans risque » | Exigez le document officiel de votre caisse. Ne signez rien dans la précipitation. |
Les signes qui doivent vous alerter
- Un ton alarmiste, une urgence, une pression pour payer tout de suite.
- Un organisme dont vous n’êtes pas client, une adresse ou un numéro inhabituel, des fautes.
- Une demande de code reçu par SMS, de mot de passe, de code de carte, ou de remettre votre carte à un coursier.
- Une promesse de remboursement, de prime ou de gain sans risque.
- Une démarche payante alors que la caisse la fait sans frais.
Ce que votre caisse ne vous demandera jamais
- Vos informations personnelles par courriel ou par SMS.
- De rappeler un numéro surtaxé.
- Votre RIB ou votre numéro de carte par téléphone.
- De recevoir chez vous un de ses représentants pour un remboursement. Ne donnez pas vos numéros de carte ou de compte à une personne qui se dit mandatée par elle.
- Vos mots de passe ou données bancaires par message : aucune administration ni société sérieuse ne le fait, rappelle Cybermalveillance.gouv.fr.
- De souscrire une mutuelle : l’Agirc-Arrco n’en propose aucune.
Votre banque non plus ne vous demandera jamais le code de votre carte, de valider une opération pour « annuler une fraude », ni de confier votre carte à quelqu’un.
Vous avez répondu ou payé : que faire, dans l’ordre
- Coupez tout contact avec l’interlocuteur.
- Appelez votre banque tout de suite : opposition sur la carte, blocage d’un virement. Le serveur interbancaire d’opposition répond jour et nuit au 0 892 705 705 (numéro surtaxé). Un paiement frauduleux par carte ne peut plus être remboursé au-delà de 13 mois (70 jours s’il a été fait hors de l’Espace économique européen).
- Changez vos mots de passe (espace retraite, messagerie) et vérifiez dans votre espace personnel que vos informations n’ont pas été modifiées.
- Gardez les preuves : messages, numéros, adresses des sites, captures d’écran.
- Signalez, puis portez plainte.
- Si vos données servent à agir en votre nom, prévenez votre caisse de retraite et votre banque, avec une copie de la plainte.
Où signaler
- SMS ou appel suspect : le 33700.
- Courriel imitant l’Assurance retraite : abuse@cnav.fr ; autre courriel indésirable : Signal Spam.
- Faux site : Phishing Initiative.
- Démarchage abusif : SignalConso, service de la répression des fraudes (DGCCRF).
- Escroquerie en ligne : Pharos, sur internet-signalement.gouv.fr.
- Fraude à la carte : Perceval, sur service-public.gouv.fr (il ne remplace pas la plainte).
Porter plainte et se faire aider
Le commissariat ou la gendarmerie de votre choix doit enregistrer votre plainte ; vous pouvez aussi écrire au procureur de la République. Pour une escroquerie en ligne, le service THESEE indique si la plainte peut se faire sur internet (service-public.gouv.fr, escroquerie). L’escroquerie est punie de 5 ans de prison et 375 000 € d’amende, jusqu’à 7 ans et 750 000 € quand la victime est vulnérable, par exemple du fait de son âge.
- Info Escroqueries (ministère de l’Intérieur) : 0 805 805 817, appel sans frais, du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30.
- France Victimes : 116 006, appel sans frais, tous les jours, pour vous accompagner dans la plainte.
- 17Cyber : l’assistance en ligne de la police, de la gendarmerie et de Cybermalveillance.gouv.fr. En cas d’urgence, appelez le 17 ou le 112.
Après une arnaque, d’autres escrocs proposent souvent de « récupérer vos fonds » : ne donnez pas suite.
Les services officiels, sans frais
- Votre compte retraite sur info-retraite.fr : relevé de carrière, simulations, démarches en ligne. Dès 55 ans, vous pouvez y demander la correction de votre relevé avec FranceConnect (voir vérifier et corriger son relevé).
- L’entretien information retraite : dès 45 ans, auprès de l’une de vos caisses, pour faire le point sur votre carrière et obtenir des simulations.
- L’Assurance retraite : 3960 (service sans frais, prix d’un appel), du lundi au vendredi de 8 h à 17 h.
- Les France services : un agent vous aide à utiliser les services en ligne et à remplir une demande.
Vous pouvez demander votre retraite en ligne vous-même (voir notre guide du dossier de retraite). Et méfiez-vous des articles qui annoncent des « retards » : l’Agirc-Arrco paie le premier jour ouvré du mois, la date d’arrivée variant selon les banques (voir les dates de paiement 2026).
Se faire accompagner par un cabinet privé
Rien ne vous oblige à passer par un intermédiaire. Si vous choisissez un accompagnement payant, un cabinet sérieux :
- donne son identité légale : nom ou dénomination sociale, adresse, téléphone, adresse électronique ;
- vous remet par écrit, avant tout engagement, son tarif et ce qui est inclus ;
- vous informe de votre droit de rétractation, en principe 14 jours pour un contrat conclu à distance ou à domicile (après un démarchage à domicile, aucun paiement pendant 7 jours) ;
- ne vous demande jamais vos mots de passe ni une procuration sur votre compte bancaire ;
- ne vous fait pas payer un rachat ailleurs qu’à votre caisse, et ne vous promet aucun montant.
Ces critères valent pour tous les cabinets. En toute transparence : calcul-retraite.fr est édité par Mercuralia, qui propose des accompagnements payants sous le nom Mon Conseiller Retraite.
Questions fréquentes
Ma caisse de retraite peut-elle me demander mon RIB par téléphone ?
Non. L’Assurance retraite et ses caisses régionales ne demandent jamais votre RIB ou votre numéro de carte bancaire par téléphone. Raccrochez et rappelez vous-même le 3960.
J’ai reçu un SMS de ma caisse avec un lien : que faire ?
Ne cliquez pas et ne répondez pas. Signalez le SMS au 33700, puis consultez votre dossier en tapant vous-même l’adresse du site officiel. Si vous avez saisi des informations, prévenez votre banque et changez votre mot de passe.
Un conseiller m’appelle sans que je l’aie demandé : est-ce autorisé ?
En principe non. Depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique commercial exige votre accord préalable, sauf contrat en cours. Un contrat conclu après un démarchage irrégulier n’est pas valable. Signalez l’appel sur SignalConso.
J’ai donné mes coordonnées bancaires : est-il trop tard ?
Non, mais agissez tout de suite : opposition auprès de votre banque, contestation des opérations, preuves conservées, plainte. Un paiement frauduleux par carte ne peut plus être remboursé au-delà de 13 mois (70 jours s’il a été fait hors de l’Espace économique européen).
Peut-on racheter des trimestres par un intermédiaire ?
Le rachat se demande à votre caisse. Au régime général, la Carsat vous envoie une « Évaluation de versement pour la retraite » qui indique le montant à verser. Sans ce document, ne versez rien.

