Mis à jour le 16 octobre 2026.
Pour partir plus tôt grâce à la carrière longue, le chômage indemnisé compte, mais au plus 4 trimestres sur toute votre carrière. Le chômage non indemnisé depuis 1980 ne compte pas pour ce départ anticipé, même s’il vous apporte des trimestres pour le taux plein. Avant un licenciement ou une rupture conventionnelle en fin de carrière, faites donc le compte de vos trimestres cotisés : quelques mois de chômage de trop peuvent repousser votre date de départ.
Les âges par génération sont dans notre guide de la retraite anticipée pour carrière longue.
Deux comptes différents : trimestres cotisés et trimestres validés
La carrière longue exige une durée cotisée, tous régimes de base confondus, égale à la durée du taux plein de votre génération (172 trimestres si vous êtes né à partir de 1966). Ce compte retient les trimestres cotisés et une liste fermée de trimestres « réputés cotisés », la plupart plafonnés.
Votre relevé affiche des trimestres validés. Le chômage y figure sans salaire, car vous ne cotisez pas : il compte pour le taux plein à l’âge légal et pour le calcul, mais en partie seulement pour ouvrir la carrière longue. Voir nos pages sur les trimestres cotisés, assimilés et validés et sur les trimestres réputés cotisés.
Le chômage indemnisé : 4 trimestres au plus sur toute la carrière
Un trimestre est validé tous les 50 jours de chômage indemnisé, consécutifs ou non, dans la limite de 4 par année civile. Comptent notamment l’ARE, l’allocation de solidarité spécifique (ASS), l’allocation de sécurisation professionnelle et l’allocation des travailleurs indépendants, ainsi que les jours de différé et de délai d’attente (Service Public, chômage et retraite).
Pour la carrière longue, ces trimestres sont réputés cotisés dans la limite de 4 sur l’ensemble de la carrière, tous régimes confondus. La même enveloppe de 4 couvre les différés d’indemnisation, l’activité partielle (le « chômage partiel ») et le chômage d’avant 1980 ; s’il a été validé par présomption, ce chômage d’avant 1980 compte même comme cotisé, en plus des 4 (circulaire Cnav n° 2026-29 du 4 septembre 2026, point 1.2.3.5).
- Chaque catégorie a ses règles : 4 pour le chômage et l’activité partielle, 4 pour la maladie et les accidents du travail, 4 pour le service national, 4 pour l’AVPF et l’Ava (parents au foyer, aidants), 2 pour l’invalidité, 2 pour les enfants ; maternité, adoption et compte professionnel de prévention comptent sans limite. La caisse retient la répartition la plus favorable.
- Une année ne compte jamais plus de 4 trimestres cotisés ou réputés cotisés.
Ce qui compte, ce qui ne compte pas
| Période | Durée d’assurance (taux plein, calcul) | Durée cotisée de la carrière longue |
|---|---|---|
| Chômage indemnisé depuis 1980 | Oui : 1 trimestre par 50 jours | Oui, 4 trimestres au plus sur la carrière |
| Différé d’indemnisation, délai d’attente | Oui, comme du chômage indemnisé | Oui, dans les mêmes 4 trimestres |
| Activité partielle indemnisée depuis le 1er mars 2020 | Oui : 1 trimestre par 220 heures indemnisées | Oui, dans les mêmes 4 trimestres |
| Chômage avant 1980, indemnisé ou non | Oui | Oui, dans les mêmes 4 trimestres ; validé par présomption, il compte même comme cotisé, en plus de ces 4 |
| Chômage non indemnisé depuis 1980 | Oui, sous conditions | Non |
| Cessation anticipée d’activité prévue par un accord de branche | Oui | Non (hors de la liste fermée des périodes réputées cotisées) |
Le chômage non indemnisé : utile pour le taux plein, pas pour partir plus tôt
Si vous êtes inscrit comme demandeur d’emploi, le chômage non indemnisé peut être validé :
- après vos allocations : un an au plus, ou 5 ans si vous aviez au moins 55 ans à la fin de l’indemnisation, 20 ans de cotisations tous régimes et aucun droit dans une nouvelle caisse de base ;
- sans indemnisation préalable : la première période, dans la limite de 6 trimestres à partir de 2011, de 4 avant 2011.
Restez inscrit : selon l’Assurance retraite, toute activité, même partielle, interrompt la validation. Le chômage qui suit une démission n’est pas validé s’il n’est pas indemnisé.
Mais depuis 1980, le chômage non indemnisé ne figure pas parmi les périodes réputées cotisées.
Préretraite : tout dépend du dispositif
- Cessation anticipée d’activité d’un accord de branche (articles R. 5123-22 et suivants du code du travail) : validée par un alinéa de l’article R. 351-12 du code de la sécurité sociale absent de la liste fermée des périodes réputées cotisées, elle compte pour la durée d’assurance, pas pour la carrière longue.
- Préretraite d’entreprise : regardez sur votre relevé si les trimestres sont notés cotisés ou assimilés, et interrogez votre caisse par écrit.
Licenciement en fin de carrière : l’effet sur votre date de départ
Si vous remplissez déjà les conditions, le chômage ne vous les retire pas : selon la circulaire, qui les remplit pour un départ à un âge donné les remplit aussi les années suivantes.
S’il vous manque des trimestres, le chômage en comblera 4 au plus, aucun si l’enveloppe est utilisée. Le reste viendra d’un emploi (150 fois le Smic horaire gagnés valident un trimestre), de vos trimestres pour enfants (2 au plus), ou de l’âge légal, où tous vos trimestres de chômage validés comptent pour le taux plein.
- France Travail ne doit pas provoquer votre demande de retraite anticipée. L’allocation cesse quand cette retraite vous est attribuée (circulaire, point 7.4) ; avant l’âge légal, elle continue dans la limite de vos droits même si vous pouvez déjà partir, confirme Info Retraite.
- À l’âge légal, avec tous vos trimestres pour le taux plein, l’indemnisation s’arrête : demandez votre retraite 5 mois avant. Sinon, elle continue dans la limite de vos droits, sur attestation de l’Assurance retraite. Indemnisé et né à partir de 1963, vous recevez un courrier de France Travail 15 mois avant votre âge légal.
- Si vous étiez salarié du privé, l’Agirc-Arrco donne des points pour chaque jour indemnisé, pas pour les jours de différé (Agirc-Arrco, chômage). Gardez vos attestations annuelles de France Travail.
Congé de reclassement : la rémunération versée au-delà du préavis (l’allocation de reclassement) compte comme du chômage indemnisé pour la durée d’assurance, selon Service Public. Mais elle relève du même alinéa de l’article R. 351-12 que la cessation anticipée de branche, hors des périodes réputées cotisées. Faites-le confirmer par écrit par votre caisse.
Avant une rupture conventionnelle : les vérifications à faire
- Obtenez votre attestation par le service « Obtenir mon âge de départ à la retraite », avant de signer (voir attestation, refus et recours).
- Comptez vos trimestres cotisés à la date de rupture, et ceux qui manqueront. Si votre relevé montre déjà 4 trimestres de chômage retenus, le nouveau chômage n’aidera pas. Une erreur se corrige dès 55 ans (corriger son relevé).
- Visez une rupture qui ouvre l’ARE : la rupture conventionnelle et le licenciement y donnent droit, la démission seulement dans des cas limités.
- Calez les dates : 15 jours calendaires de rétractation, puis 15 jours ouvrables d’homologation ; fin du contrat au plus tôt le lendemain (Service Public, rupture conventionnelle).
- Pensez à l’impôt : l’indemnité n’est exonérée d’impôt sur le revenu que si vous n’êtes pas en droit de bénéficier d’une pension de retraite d’un régime obligatoire (Service Public, indemnités et impôt). Cela s’apprécie à la date de rupture prévue. Si vous pouvez déjà partir en carrière longue à cette date, vous risquez de perdre l’exonération : la doctrine fiscale (BOFiP) parle du droit à liquider une pension. Faites confirmer votre cas par votre service des impôts avant de signer.
Trois exemples
Exemples fictifs et simplifiés.
Licencié à 58 ans, il lui manquait 8 trimestres
Marc, né en 1967, a validé 5 trimestres avant la fin de l’année de ses 18 ans : il peut partir à 60 ans avec 172 trimestres cotisés. Licencié à 58 ans avec 164 trimestres, sans chômage auparavant, il est indemnisé 2 ans : 8 trimestres de chômage sur son relevé, dont 4 seulement comptent. À 60 ans, il en a 168 : il lui faut environ un an de travail de plus, départ vers 61 ans. Sinon, il partira à son âge légal, 63 ans et 6 mois, où ses 8 trimestres de chômage compteront pour le taux plein.
Une rupture conventionnelle quand l’enveloppe chômage est déjà utilisée
Sophie, née en mars 1968, a commencé à 18 ans avec 4 trimestres cette année-là, un de moins que les 5 exigés pour partir à 60 ans : son départ est possible à 61 ans et 3 mois, avec 172 trimestres cotisés. Une année entière de chômage indemnisé à 30 ans a utilisé son enveloppe de 4. À 61 ans, elle a 170 trimestres cotisés ou réputés cotisés et envisage une rupture conventionnelle : ce nouveau chômage ne lui apportera rien. Mais ses majorations pour enfants comptent depuis le 1er septembre 2026, dans la limite de 2 : elle atteint 172 et partira à 61 ans et 3 mois si son attestation le confirme, avec l’ARE entre-temps.
Déjà dans les conditions au moment du licenciement
Karim, né en 1966, a commencé à 16 ans et demi : départ possible à 60 ans. Licencié à 60 ans et 2 mois avec 172 trimestres cotisés, il peut partir tout de suite, ou toucher d’abord l’ARE après avoir comparé les montants. L’allocation s’arrêtera à l’attribution de sa retraite ou à la fin de ses droits (27 mois au plus à son âge, soit vers 62 ans et 5 mois sans différé), bien avant son âge légal de 63 ans et 3 mois. Pour ne pas rester sans revenu, il déposera sa demande de retraite environ 5 mois avant la fin de ses droits, le délai conseillé par l’Assurance retraite avant l’âge légal.
Questions fréquentes
Mes deux ans de chômage indemnisé comptent-ils pour la carrière longue ?
En partie : jusqu’à 8 trimestres validés, mais seuls 4 trimestres de chômage, sur toute la carrière, sont réputés cotisés. Les autres comptent pour le taux plein à l’âge légal et pour le calcul.
France Travail peut-il m’obliger à demander ma retraite pour carrière longue ?
Non, France Travail ne doit pas provoquer cette demande. L’allocation cesse au premier de ces moments : la fin de vos droits (27 mois au plus à partir de 57 ans), l’attribution de votre retraite anticipée, ou l’âge légal si vous avez alors tous vos trimestres pour le taux plein.
Le chômage non indemnisé compte-t-il pour partir plus tôt ?
Non, sauf avant 1980. Depuis 1980, il peut être validé sous conditions, mais il ne fait pas partie des périodes réputées cotisées.
Mon contrat de sécurisation professionnelle compte-t-il ?
Oui. L’allocation de sécurisation professionnelle est validée comme du chômage indemnisé et donne des points Agirc-Arrco. Pour la carrière longue, elle entre dans la même limite de 4.
J’ai déjà été au chômage à 25 ans : cela compte-t-il dans les 4 trimestres ?
Oui, la limite vaut pour toute la carrière et tous les régimes. Si ces 4 trimestres sont déjà retenus, un chômage en fin de carrière n’ajoutera rien. Demandez votre attestation avant toute décision.
