Illustration du guide : 12 pièges et erreurs à repérer

Relevé de carrière : 12 pièges et erreurs à repérer

Mis à jour le 17 octobre 2026.

Un relevé de carrière peut contenir de vraies erreurs (une année oubliée) et de fausses alertes (un salaire plafonné). Pour chacun des 12 pièges : comment le repérer, que faire.

Les 12 pièges en un coup d’œil

Sens de chaque colonne : voir notre guide pour lire son relevé ligne par ligne.

Piège Ce que vous voyez Verdict
1. Année vide ou salaire bas Moins que vos bulletins Erreur probable, sauf plafond (n° 3)
2. Plusieurs employeurs Aucun nom d’employeur Fausse alerte si le total est juste
3. Salaire plafonné Revenu égal au plafond Fausse alerte
4. Job d’été Aucun salaire, ou salaire sans trimestre Sans salaire : erreur ; sans trimestre : normal sous le seuil
5. Apprentissage Années d’apprenti absentes ou incomplètes Absentes : erreur ; incomplètes avant 2014 : possible sans erreur
6. TUC et stages anciens Peu de trimestres entre 1977 et 1992 Trimestres à déclarer
7. Service national Absent, ou compté l’année suivante Absent : erreur ; l’année suivante : normal
8. Chômage Absent, ou présent sans montant Absent : à vérifier ; sans montant : normal
9. Arrêt maladie Absent, ou présent sans montant Absent : à vérifier ; sans montant : normal
10. Employeur disparu Toute une période manque Erreur
11. Mauvais numéro Salaire manquant, ou ligne inconnue Erreur à signaler
12. Validé, pas cotisé Plus de 4 trimestres de chômage ou de maladie Relevé juste, mais carrière longue limitée

Les salaires : année vide, plusieurs employeurs, plafond

1. Une année vide, un salaire manquant ou trop bas

Comment le repérer : comparez vos salaires bruts de l’année avec la colonne des revenus. Un trimestre se gagne avec un montant de salaire, pas une durée : depuis 2014, 150 heures payées au Smic horaire du 1er janvier, soit 1 803 € brut en 2026 (7 212 € pour 4) ; de 1972 à 2013, 200 heures. Un temps partiel peut donc donner 3 trimestres sans erreur. Fausses alertes : la dernière année apparaît au plus tard le 31 mars suivant, et le RSA (comme l’ancien RMI) ne valide aucun trimestre.

Que faire : si le salaire manque ou diffère de vos bulletins, demandez la correction avec le bulletin, une attestation conforme au livre de paie ou, à défaut, le certificat de travail (liste de l’Assurance retraite). Salaire juste mais faible : un rachat de trimestres est parfois possible. Effet sur la pension : voir les salaires du relevé.

2. Plusieurs employeurs la même année

Comment le repérer : le nom de l’employeur n’apparaît pas si vous en avez eu plus de 3 dans l’année, ou si la caisse ne connaît pas sa raison sociale. Regardez le montant : depuis 2005, le total de l’année est limité au plafond, même avec plusieurs employeurs.

Que faire : additionnez tous vos bulletins. Si le total est sous le plafond et au-dessus du revenu affiché, un salaire manque sans doute : fournissez les bulletins manquants.

3. Un salaire plafonné pris pour une erreur

Comment le repérer : le revenu affiché est exactement le plafond annuel de la Sécurité sociale, par exemple 47 100 € en 2025 ou 48 060 € en 2026 (chiffres de l’Urssaf). Avec 55 000 € brut gagnés en 2025, la ligne affiche 47 100 €.

Que faire : rien pour la retraite de base, dont les cotisations s’arrêtent au plafond. La part au-dessus compte pour l’Agirc-Arrco (tranche 2, de 1 à 8 plafonds) : vérifiez vos points Agirc-Arrco.

Les débuts de carrière : jobs d’été, apprentissage, TUC

Ces années peuvent ouvrir la carrière longue, qui exige 5 trimestres (4 dans certains cas) avant la fin de l’année de vos 16, 18, 20 ou 21 ans.

4. Les jobs d’été et emplois étudiants

Comment le repérer : un salaire inscrit sans trimestre était sous le seuil (de 1972 à 2013, 200 heures au Smic par trimestre : un job court pouvait ne rien valider). Aucun salaire inscrit : il manque. Selon l’Assurance retraite, un mois d’août à 35 heures par semaine payées au Smic peut aujourd’hui valider un trimestre.

Que faire : pour un salaire manquant, le bulletin suffit. S’il est perdu, voyez le piège n° 10.

5. L’apprentissage

Comment le repérer : vos années d’apprenti manquent ou affichent moins de 4 trimestres. Depuis 2014, un apprenti valide autant de trimestres que de trimestres d’apprentissage ; avant, sa paie ne suffisait pas toujours.

Que faire : depuis le 1er juillet 1972, le relevé se complète avec vos bulletins ou une pièce prouvant votre qualité d’apprenti ; avant cette date, un versement de cotisations peut valider la période. Pour un apprentissage de juillet 1972 à fin 2013, les trimestres manquants peuvent se racheter (tarif réduit sur 4 au plus) et ce rachat compte pour la carrière longue.

6. Les TUC, stages anciens et contrats aidés

Comment le repérer : vous avez fait des travaux d’utilité collective (TUC) entre 1984 et 1990, ou certains stages entre 1977 et 1992, et l’année affiche peu de trimestres. Depuis le 1er septembre 2023, ces périodes valident 1 trimestre par période de 50 jours (service-public.gouv.fr), en plus de ceux des cotisations forfaitaires de l’État, sans dépasser 4 par an. Ces trimestres « par 50 jours » ne comptent pas comme cotisés pour la carrière longue.

Que faire : déclarez-les avec le service de régularisation de carrière de votre espace Assurance retraite. Le contrat emploi-solidarité (CES), successeur des TUC en 1990, était un emploi salarié soumis aux cotisations de sécurité sociale : son salaire doit donc figurer dans les revenus (sinon, piège n° 1).

Les périodes sans salaire : service national, chômage, maladie

Elles valident des trimestres dits assimilés, sans somme en face : une ligne sans montant n’est pas une erreur.

7. Le service national

Comment le repérer : votre service militaire manque, ou ses trimestres tombent l’année suivante, ce qui est normal : chaque trimestre est validé l’année où se termine la période de 90 jours. Il faut 90 jours d’incorporation par trimestre, 4 au plus par an, à condition d’avoir cotisé avant ou après. Avec une retraite de fonctionnaire, c’est ce régime qui la valide en priorité.

Que faire : demandez la régularisation avec votre « état signalétique et des services », disponible sur servicehistorique.sga.defense.gouv.fr (Assurance retraite).

8. Le chômage, surtout non indemnisé

Comment le repérer : le chômage indemnisé valide 1 trimestre par 50 jours, 4 au plus par an. France Travail transmet en principe ces périodes, mais l’Assurance retraite indique qu’elles ne figurent pas automatiquement sur les documents reçus : comparez les dates du relevé avec vos attestations France Travail. Le chômage non indemnisé compte seulement dans certains cas (service-public.gouv.fr) : votre 1re période jamais indemnisée, 1 an et demi au plus depuis 2011 ; juste après une indemnisation, 1 an au plus (5 ans sous conditions dès 55 ans) ; tout le chômage d’avant 1980. Une inscription à la sortie des études, sans emploi avant, ne donne aucun droit.

Que faire : pour une période manquante, fournissez l’attestation de paiement de France Travail, et gardez toutes vos attestations. Près de l’âge légal, demandez l’attestation de régularisation de carrière exigée pour éviter l’arrêt de vos allocations.

9. Les arrêts maladie

Comment le repérer : un arrêt indemnisé valide 1 trimestre par 60 jours d’indemnités journalières. Ces trimestres sont reportés d’office, sans revenu en face. Seul un arrêt indemnisé compte, et jamais plus de 4 trimestres par an, toutes périodes confondues : un arrêt court ou une année déjà pleine n’ajoute rien.

Que faire : joignez l’attestation de paiement des indemnités journalières de votre CPAM, et gardez ces relevés jusqu’à votre retraite.

Employeur disparu, numéro erroné, ligne inconnue

10. Un employeur qui a disparu

Comment le repérer : toute une période manque pour une entreprise fermée depuis. Le nom peut manquer sans erreur : regardez les montants et les trimestres.

Que faire : vos bulletins restent la preuve, même si l’entreprise n’existe plus. Sans document, contactez la caisse depuis votre espace personnel : elle peut faire des recherches, sans garantie. Autres preuves : voir prouver une période de travail.

11. Un mauvais numéro de sécurité sociale ou une ligne inconnue

Comment le repérer : un salaire manque malgré vos bulletins ? Vérifiez le numéro de sécurité sociale imprimé : un bulletin au numéro erroné n’est pas pris en compte. Repérez aussi toute ligne (employeur, période) que vous ne reconnaissez pas.

Que faire : si les salaires du relevé sont justes, rien à fournir. Sinon, demandez vite à l’employeur une attestation de salaires et de cotisations conforme aux livres de paie (Assurance retraite). Une ligne inconnue se signale comme une incohérence avec le service « Corriger ma carrière ».

Trimestre validé, trimestre cotisé : le piège de la carrière longue

12. Des trimestres validés qui ne comptent pas comme cotisés

Comment le repérer : pour le taux plein, un trimestre de chômage ou de maladie vaut un trimestre cotisé. La carrière longue, elle, exige une durée cotisée, qui n’ajoute que certaines périodes (service-public.gouv.fr) :

  • sans limite : la maternité indemnisée, le compte professionnel de prévention ;
  • 4 trimestres au plus chacun sur toute la carrière : service national, chômage indemnisé, maladie et accident du travail, assurance vieillesse des parents au foyer et des aidants ;
  • 2 trimestres au plus : l’invalidité et, depuis le 1er septembre 2026, les trimestres pour enfants.

Le chômage non indemnisé n’y figure pas, ni les rachats d’études ou d’années incomplètes demandés depuis le 13 octobre 2008 ; le rachat d’apprentissage compte, lui. Exemple : 3 années pleines de chômage indemnisé donnent 12 trimestres sur le relevé, mais 4 pour la carrière longue.

Que faire : si vous remplissez les conditions, téléchargez votre attestation avec le service « Obtenir mon âge de départ à la retraite » et n’arrêtez pas de travailler avant la confirmation de tous vos régimes. Voir trimestres réputés cotisés.

Que faire, et dans quel ordre

  1. Au plus tôt, comparez année par année avec vos bulletins ; notez l’année, l’employeur et le montant attendu.
  2. Rassemblez le justificatif, listé sur notre page relevé de carrière : le lire, le vérifier et le corriger.
  3. Signalez l’anomalie : dès 55 ans avec « Corriger ma carrière » sur info-retraite.fr, qui informe tous vos régimes, sinon auprès de votre caisse. L’Agirc-Arrco accepte une demande à tout moment.
  4. Suivez la demande : voir le suivi d’une correction et les recours.

Questions fréquentes

Une ligne sans montant sur mon relevé est-elle une erreur ?

Non. Le chômage, la maladie, la maternité, l’invalidité et le service national valident des trimestres sans cotisation : aucune somme n’est reportée en face. Vérifiez seulement que la période figure bien.

Mon salaire est plus bas sur le relevé que sur mes bulletins : pourquoi ?

Il peut dépasser le plafond de la Sécurité sociale (47 100 € en 2025) : c’est normal. Sinon, un salaire manque (correction avec vos bulletins) ou un bulletin porte un numéro erroné (attestation de l’employeur conforme aux livres de paie).

Pourquoi l’année de mon départ ne compte-t-elle que 2 trimestres ?

Le relevé s’arrête au dernier jour du trimestre civil qui précède le départ. Pour un départ au 1er septembre, il est arrêté au 30 juin : 2 trimestres seulement sont retenus, même si le salaire en vaudrait 4.

Le chômage compte-t-il pour la carrière longue ?

Le chômage indemnisé compte, dans la limite de 4 trimestres. Le chômage non indemnisé ne compte pas dans la durée cotisée.

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