Mis à jour le 17 octobre 2026.
Au régime général, chaque salaire inscrit sur votre relevé de carrière sert à deux choses : valider des trimestres et calculer votre salaire annuel moyen, la base de votre retraite. Un salaire absent ou trop bas peut donc vous coûter des trimestres, de l’argent, les deux, ou ne rien changer du tout. Voici comment savoir dans quel cas vous êtes, chiffres officiels à l’appui.
Pour obtenir votre relevé et demander une correction, commencez par notre guide pour lire, vérifier et corriger votre relevé de carrière. Ici, on se concentre sur les salaires qu’il affiche.
Ce que montre la colonne « Revenus »
D’après la notice officielle du relevé de carrière de l’Assurance retraite, la colonne « Revenus » indique, année par année, le montant sur lequel vous avez cotisé pour votre retraite de base. Ce sont des salaires bruts, primes et heures supplémentaires comprises, selon service-public.gouv.fr.
- Depuis 2005, ce montant est automatiquement ramené au plafond annuel de la Sécurité sociale, même si vous avez eu plusieurs employeurs dans l’année.
- Maladie, chômage, maternité ou service national valident des trimestres sans montant en face : c’est normal.
- Les années anciennes peuvent figurer en francs ou en anciens francs. Elles sont converties en euros au moment du calcul.
- Les trimestres d’une année sont reportés au plus tard le 31 mars de l’année suivante. Avant cette date, l’année écoulée peut donc ne pas encore figurer, sans que ce soit une erreur.
Comment vos salaires deviennent une pension
Selon service-public.gouv.fr, la retraite de base de l’Assurance retraite se calcule ainsi :
salaire annuel moyen × taux × (trimestres au régime général ÷ trimestres exigés pour le taux plein)
| Ce que fait le salaire | Règle | Effet sur la pension |
|---|---|---|
| Il valide des trimestres | 1 trimestre par tranche de 1 803 € en 2026, 4 au plus par an | Les trimestres jouent sur le taux (50 % au taux plein, moins 0,625 point par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres) et sur la fraction de la formule |
| Il entre dans le salaire annuel moyen | Moyenne des 25 meilleures années (24 ou 23 pour certains parents, voir plus bas), chaque salaire étant plafonné puis revalorisé | Plus la moyenne est haute, plus la pension l’est |
Le détail de la moyenne est sur notre page consacrée au salaire annuel moyen.
Le seuil d’un trimestre : 1 803 € en 2026
Un trimestre ne dépend pas du temps travaillé, mais du salaire soumis à cotisations. Depuis 2014, le seuil est égal à 150 heures payées au Smic horaire brut en vigueur au 1er janvier, soit 1 803 € en 2026. Il faut donc 7 212 € dans l’année pour 4 trimestres, le maximum. De 1972 à 2013, il fallait 200 heures au Smic (service-public.gouv.fr, durée d’assurance).
Les cotisations étant calculées chaque mois dans la limite du plafond mensuel (4 005 € en 2026), un seul mois de salaire valide au plus 2 trimestres.
Pour contrôler une ligne (hors année du départ), divisez le revenu par le seuil de l’année et gardez le nombre entier. Les trimestres assimilés s’y ajoutent, 4 au plus par an au total. Quelques seuils du barème de l’Assurance retraite :
| Année | Salaire pour 1 trimestre | Salaire pour 4 trimestres |
|---|---|---|
| 2026 | 1 803,00 € | 7 212 € |
| 2020 | 1 522,50 € | 6 090 € |
| 2014 | 1 429,50 € | 5 718 € |
| 2013 | 1 886,00 € | 7 544 € |
| 2005 | 1 522,00 € | 6 088 € |
Exemple : une ligne « 2013, revenus 5 000 € » donne 2 trimestres (5 000 ÷ 1 886 = 2,65). En 2014, la même somme en donne 3 (5 000 ÷ 1 429,50 = 3,49), car le seuil a baissé avec le passage à 150 heures. Sous le seuil, le salaire ne valide aucun trimestre et l’année n’entre pas dans le salaire annuel moyen : l’article R. 351-29 du code de la sécurité sociale ne retient que les années dont les cotisations valident au moins un trimestre.
Le plafond de la Sécurité sociale : ce qui dépasse ne compte pas pour la base
Pour la retraite de base, le salaire d’une année n’est retenu que dans la limite du plafond de la Sécurité sociale de cette année-là (depuis 2005, même avec plusieurs employeurs) : 48 060 € en 2026, soit 4 005 € par mois. Au-delà, le relevé affiche un montant plafonné. Ce n’est pas une erreur : notre page sur les pièges et erreurs du relevé de carrière revient sur cette fausse alerte.
La part au-dessus du plafond compte toutefois pour la complémentaire : à l’Agirc-Arrco, la tranche 2 du salaire, entre 1 et 8 fois le plafond, sert aussi à calculer vos points de retraite complémentaire. Voyez notre guide sur les points Agirc-Arrco et Ircantec du relevé.
La revalorisation : vos anciens salaires sont remis à niveau
Le montant du relevé n’est pas utilisé tel quel dans le calcul. Chaque salaire annuel est multiplié par le coefficient de son année, tel qu’il est fixé à la date de votre départ. Ces coefficients sont relevés chaque année, comme les pensions, en fonction des prix à la consommation hors tabac (articles L. 351-11 et L. 161-25 du code de la sécurité sociale). Pour les retraites attribuées depuis le 1er janvier 2026, la hausse est de 0,9 %, selon la circulaire de l’Assurance retraite du 22 décembre 2025. L’ordre compte : le salaire est d’abord limité au plafond de son année, puis revalorisé.
Ce que pèse une année au plafond pour une retraite qui démarre en 2026, d’après les coefficients officiels de l’Assurance retraite :
| Année | Plafond de l’année | Coefficient (départ en 2026) | Montant retenu (arrondi) |
|---|---|---|---|
| 2005 | 30 192 € | 1,348 | 40 699 € |
| 2010 | 34 620 € | 1,267 | 43 864 € |
| 2015 | 38 040 € | 1,191 | 45 306 € |
| 2020 | 41 136 € | 1,153 | 47 430 € |
| 2025 | 47 100 € | 1,009 | 47 524 € |
Toutes ces valeurs restent sous le plafond 2026 de 48 060 €. Or la retraite de base ne peut pas dépasser 50 % du plafond de l’année du départ, soit 2 002,50 € brut par mois en 2026, sauf surcote : cotiser au plafond toute sa carrière ne suffit donc pas à atteindre ce maximum.
Salaire manquant ou faux : quand votre pension baisse
Par le salaire annuel moyen
Une année ne pèse sur votre moyenne que si elle figure parmi vos meilleures années revalorisées (25 en général). Si elle manque et que vous en avez davantage, la suivante du classement prend sa place. À taux plein, avec tous vos trimestres au régime général et une moyenne sur 25 années, la pension de base annuelle baisse alors de 2 % de l’écart entre les deux années (50 % ÷ 25) : pour 1 000 € d’écart, 40 € de moyenne et 20 € de pension brute par an en moins.
Exemple avec des montants officiels, départ en 2026, moyenne sur 25 années, tous les trimestres acquis par ailleurs, écart volontairement important :
| Étape | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| Année absente : 2010, salaire au plafond | 34 620 € × 1,267 | 43 864 € |
| Année qui la remplace : 2014, juste de quoi valider 4 trimestres | 5 718 € × 1,191 | 6 810 € |
| Écart | 43 864 € moins 6 810 € | 37 054 € |
| Baisse du salaire annuel moyen | 37 054 € ÷ 25 | 1 482 € |
| Baisse de la pension brute annuelle | 1 482 € × 50 % | 741 € |
| Baisse par mois | 741 € ÷ 12 | 62 € environ |
Par les trimestres
Une année vide peut aussi coûter 4 trimestres. Avant 67 ans, sans le nombre exigé et hors cas particuliers (carrière longue, handicap ou invalidité, par exemple), la perte est double : décote sur le taux et fraction plus petite. La décote retire 0,625 point au taux de 50 % par trimestre manquant, 20 au plus. Selon service-public.gouv.fr, les trimestres manquants se comptent par rapport à la durée exigée et par rapport à vos 67 ans : la caisse retient le plus petit des deux nombres.
Exemple : une personne née en 1966 doit réunir 172 trimestres et peut partir dès 63 ans et 3 mois. Elle part à cet âge avec 168 trimestres, tous au régime général. Il lui manque 4 trimestres pour la durée et 15 pour atteindre 67 ans : la caisse retient 4. Son taux passe à 47,5 % (50 moins 4 × 0,625) et sa fraction à 168/172. Sa pension de base est multipliée par (47,5 ÷ 50) × (168 ÷ 172) = 0,928, soit environ 7 % de moins qu’avec 172 trimestres. Ce calcul laisse de côté la retraite complémentaire et le minimum contributif ; le détail est sur notre page décote et surcote. Une année manquante peut enfin faire perdre des trimestres cotisés, exigés pour un départ anticipé pour carrière longue.
Quand l’erreur ne change rien à votre retraite de base
Certaines anomalies sont sans effet sur la retraite de base. Signalez-les quand même, sans urgence.
- Même corrigée, l’année ne compte pas parmi vos meilleures et elle a déjà ses 4 trimestres : rien ne bouge.
- Le montant manquant se situe au-dessus du plafond : il ne compte pas pour la base.
- Le revenu corrigé reste sous le seuil d’un trimestre : l’année ne compte toujours pas.
- Une année entière de chômage ou de maladie ne fait pas baisser votre moyenne : faite uniquement de périodes assimilées, elle n’est pas retenue (même article R. 351-29).
- C’est l’année de votre départ : ses revenus n’entrent pas dans la moyenne.
- Votre pension est portée au minimum contributif : une petite hausse de la moyenne peut ne rien changer au montant versé.
- Vous êtes parent et bénéficiez de certaines majorations de durée d’assurance pour enfant : pour les retraites qui prennent effet depuis le 1er septembre 2026, la moyenne porte sur 24 années (un enfant) ou 23 (deux enfants ou plus), ce qui écarte une ou deux années faibles. L’Assurance retraite n’applique pas encore ce calcul : elle le fera courant 2027 et recalculera alors automatiquement, avec effet rétroactif, les retraites parties entre-temps (annonce de l’Assurance retraite). Les retraites parties avant le 1er septembre 2026 ne sont pas concernées.
Attention : une erreur sans effet sur la base peut en avoir sur la complémentaire, où les points dépendent des cotisations de chaque année.
Vérifier vos salaires : la méthode en 4 étapes
- Comparez chaque année avec vos bulletins de paie. Additionnez le brut soumis à cotisations de l’année, tous employeurs confondus, et rapprochez-le de la colonne « Revenus », plafond compris.
- Contrôlez les trimestres. Calculez revenu ÷ seuil de l’année. Si le relevé affiche moins de trimestres, notez l’année.
- Repérez vos meilleures années. Multipliez chaque revenu par le coefficient de son année et classez les résultats. Une erreur sur l’une des 25 premières (24 ou 23 pour certains parents) ou sur une année à moins de 4 trimestres passe en priorité.
- Demandez la correction avec vos preuves. L’Assurance retraite demande un bulletin de salaire, une attestation conforme au livre de paie ou, à défaut, un certificat de travail. Pour les autres preuves, voyez notre page pour prouver une période de travail ; pour la démarche selon votre âge, notre guide du relevé de carrière.
Gardez vos bulletins de salaire au moins jusqu’à la liquidation de votre retraite : c’est la durée de conservation indiquée par service-public.gouv.fr.
Questions fréquentes
Pourquoi le revenu de mon relevé est-il plus bas que mon salaire ?
Il peut être plafonné : depuis 2005, le relevé ramène le revenu de l’année au plafond de la Sécurité sociale, même avec plusieurs employeurs. Si votre salaire était sous le plafond, comparez avec le salaire brut soumis à cotisations de vos bulletins de paie et signalez l’écart à votre caisse.
Un salaire manquant fait-il toujours baisser ma retraite ?
Non. Il peut faire baisser la retraite de base s’il concerne l’une de vos meilleures années revalorisées (25 en général, 24 ou 23 pour certains parents) ou s’il vous fait perdre des trimestres. Sinon, la base ne change pas, mais vos points de retraite complémentaire peuvent être concernés : signalez-le dans tous les cas.
Le salaire de mon année de départ compte-t-il ?
Pas dans le salaire annuel moyen : les revenus de l’année de votre départ ne sont pas pris en compte. Ils peuvent en revanche valider des trimestres, dans la limite des trimestres civils écoulés avant le départ.
Pourquoi une année avec un petit salaire n’a-t-elle aucun trimestre ?
Parce que le revenu de l’année n’atteint pas le seuil d’un trimestre : 1 803 € en 2026, 1 429,50 € en 2014, 1 886 € en 2013. Une telle année n’entre pas non plus dans le calcul du salaire annuel moyen.

