Pension de réversion : conditions, montant et démarches en 2026

Mis à jour le 16 octobre 2026.

La pension de réversion est une partie de la retraite que touchait, ou aurait pu toucher, votre conjoint décédé. Elle est réservée aux personnes mariées, y compris divorcées : le Pacs et le concubinage n’y donnent pas droit. Elle n’est jamais versée automatiquement, et ses conditions comme son montant dépendent des caisses de retraite du défunt.

Qui peut toucher une pension de réversion ?

Dans tous les régimes, il faut avoir été marié avec la personne décédée.

  • Le veuf ou la veuve peut y prétendre.
  • L’ex-conjoint divorcé aussi : il est traité comme un conjoint survivant.
  • Le partenaire de Pacs et le concubin n’y ont pas droit.

Chaque caisse du défunt verse sa propre réversion, pour la retraite de base et pour la retraite complémentaire. Les autres conditions (âge, ressources, remariage, durée du mariage) varient selon le régime.

Régime général : salariés du privé et indépendants

L’Assurance retraite verse la réversion de la retraite de base si le défunt a été salarié du privé, travailleur indépendant, contractuel de la fonction publique ou artiste-auteur. Le détail figure sur Service-public.fr.

Les conditions

  • Avoir au moins 55 ans (51 ans si le décès date d’avant le 1er janvier 2009).
  • Avoir été marié avec le défunt.
  • Avoir des ressources sous un plafond, revu chaque année au 1er janvier.

Le plafond de ressources en 2026

En 2026, vos ressources annuelles brutes doivent rester sous 25 001,60 € si vous vivez seul, ou sous 40 002,56 € si vous vivez en couple. Vos revenus d’activité ne comptent que pour 70 % de leur montant. Ne sont pas retenus, notamment, les réversions des retraites complémentaires et les revenus des biens acquis grâce aux droits du défunt.

Le montant

La réversion est égale à 54 % de la retraite de base du défunt, sans ses majorations. Si la réversion ajoutée à vos ressources dépasse le plafond, elle est réduite du montant du dépassement. Notre guide pour calculer une pension de retraite explique comment la retraite du défunt a été établie.

  • Minimum en 2026 : 4 019,13 € par an (334,92 € par mois) si le défunt avait au moins 60 trimestres au régime général. Sinon, il est réduit en proportion.
  • Maximum en 2026, hors majorations : 12 976,20 € par an (1 081,35 € par mois).

Elle supporte la CSG, la CRDS et la Casa, et elle est versée chaque mois.

Les majorations

  • 10 % de plus si vous avez eu ou élevé au moins 3 enfants.
  • 113,59 € par mois et par enfant à charge, sur demande, si vous n’avez pas encore de retraite personnelle ni atteint l’âge du taux plein automatique.
  • 11,1 % de plus à l’âge du taux plein automatique (65 à 67 ans selon l’année de naissance et la situation), si vous avez demandé toutes vos retraites et si leur total, réversions comprises, ne dépasse pas 3 020,07 € par trimestre.

Plusieurs mariages

La réversion est partagée entre le conjoint survivant et les ex-conjoints selon la durée de chaque mariage. Au décès de l’un d’eux, sa part revient aux autres. Ce nouveau calcul n’est pas automatique : il faut signaler le décès à la caisse.

Agirc-Arrco : la complémentaire des salariés

Ses règles sont présentées par l’Agirc-Arrco.

  • Montant : 60 % des points du défunt, multipliés par la valeur du point.
  • Âge : 55 ans si le décès date du 1er janvier 2019 ou après. Aucun âge n’est exigé si vous avez 2 enfants à charge au moment du décès, ou si vous êtes invalide.
  • Ressources : aucune condition.
  • Remariage : il empêche la réversion, ou la supprime définitivement si elle était déjà versée, même après un divorce ou un nouveau veuvage.

Avec plusieurs mariages, la pension est partagée selon leur durée. Un ex-conjoint seul reçoit une part liée à la durée du mariage comparée à la durée d’assurance du défunt. La pension est versée d’avance, en principe chaque mois.

Fonctionnaires : SRE et CNRACL

La réversion est versée par le Service des retraites de l’État pour un fonctionnaire de l’État, et par la CNRACL pour un fonctionnaire territorial ou hospitalier.

  • Montant : 50 % de la pension du défunt. S’y ajoutent, le cas échéant, la moitié de sa majoration pour enfants (si vous avez élevé ces enfants) et la moitié de sa rente viagère d’invalidité.
  • Âge et ressources : aucune condition.
  • Mariage : il faut un enfant né du mariage, ou 4 ans de mariage, ou un mariage célébré au moins 2 ans avant le départ en retraite du défunt, ou antérieur à l’événement qui a causé sa retraite pour invalidité ou son décès.
  • Vie de couple : un remariage, un Pacs ou un concubinage fait perdre le droit. Il peut être rétabli si cette union prend fin.

Si vos ressources sont faibles, la pension peut être complétée pour que l’ensemble de vos revenus atteigne le montant de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), soit 12 523,14 € par an en 2026. Ce complément suppose des ressources modestes et une résidence stable en France, et, pour la fonction publique de l’État, au moins 65 ans.

Avec plusieurs mariages, la pension est partagée selon leur durée. Pour le SRE, au décès d’un bénéficiaire, sa part ne va pas aux autres conjoints, seulement aux enfants de moins de 21 ans ou infirmes. La retraite additionnelle (RAFP) donne aussi droit à 50 % si le défunt la percevait en rente.

Indépendants : l’essentiel

  • Artisans et commerçants : la retraite de base relève de l’Assurance retraite, avec les règles du régime général (54 %, 55 ans, plafond de ressources 2026).
  • Leur retraite complémentaire (RCI) verse 60 % des droits du défunt, à partir de 55 ans. Elle a son propre plafond de ressources : 96 120 € par an en 2026, soit 8 010 € par mois. Au-delà, elle est réduite du dépassement.
  • Professions libérales : la retraite de base (CNAVPL) applique aussi 54 %, 55 ans et un plafond de ressources ; chaque caisse complémentaire a ses propres règles.

Tableau comparatif par régime

Régime Taux Âge minimum Condition de ressources Points à connaître
Régime général (salariés, artisans, commerçants) 54 % de la retraite de base 55 ans Oui : 25 001,60 € par an (seul) ou 40 002,56 € (couple) en 2026 Minimum 4 019,13 € et maximum 12 976,20 € par an en 2026
Agirc-Arrco (complémentaire des salariés) 60 % des points 55 ans, aucun avec 2 enfants à charge ou en cas d’invalidité Non Le remariage supprime le droit définitivement
Fonctionnaires (SRE, CNRACL) 50 % de la pension Aucun Non Durée de mariage ou enfant ; droit perdu en cas de nouvelle union
Complémentaire des indépendants (RCI) 60 % des droits 55 ans Oui : 96 120 € par an en 2026 Réduite du dépassement du plafond

Faire la demande : une seule démarche en ligne

La réversion se demande. La demande peut se faire en ligne avec le service « Demander ma réversion » du site officiel info-retraite.fr, depuis votre compte retraite, avec FranceConnect. Une seule demande vaut pour tous les régimes de base et complémentaires du défunt. Voir aussi la page Demander une retraite de réversion de Service-public.fr.

  • La démarche compte 5 étapes. Vous pouvez tout envoyer d’un coup, ou enregistrer votre demande 90 jours au plus et la reprendre plus tard.
  • L’outil « Mes justificatifs » liste les pièces adaptées à votre cas, et le service « Suivre mes demandes » montre l’avancement du dossier.

Sans internet, un formulaire papier existe pour les régimes de base. Il faut alors faire une demande séparée auprès de l’Agirc-Arrco. Si le défunt était fonctionnaire de l’État en activité, la demande passe par l’administration qui l’employait (formulaire cerfa n° 12231).

Les pièces à préparer

Selon votre situation, l’Assurance retraite demande notamment :

  • l’acte de naissance du défunt, avec ses mentions en marge ;
  • une pièce d’identité ;
  • vos deux derniers avis d’impôt sur le revenu, même si l’impôt est de 0 € ;
  • le livret de famille à jour si vous êtes parent, et un justificatif pour chaque enfant encore à votre charge ;
  • un relevé d’identité bancaire (RIB).

Pour votre propre retraite, notre guide pour constituer et déposer un dossier de retraite pourra vous servir le moment venu.

Délais et date de début du versement

  • Régime général : la réversion commence le 1er jour d’un mois que vous choisissez, au plus tôt le mois qui suit celui de vos 55 ans. Demandée dans les 12 mois qui suivent le décès, elle peut partir du mois suivant le décès ; sinon, du mois qui suit la demande.
  • Agirc-Arrco : la réversion part du 1er jour du mois qui suit le décès, ou qui suit la date où vous remplissez les conditions. Si la demande arrive plus d’un an après le décès, le rappel versé couvre un an.
  • Fonctionnaires : le paiement commence le 1er jour du mois qui suit le décès d’un retraité, ou le lendemain du décès d’un fonctionnaire en activité.

L’Assurance retraite s’engage à faire le premier paiement dans les 4 mois qui suivent le dépôt d’un dossier complet, hors cas particuliers. Sans réponse après 4 mois, la demande est considérée comme refusée. Déposer la demande dans les 12 mois qui suivent le décès évite de perdre des mois de pension. Voir aussi nos guides retraite.

Questions fréquentes

Peut-on toucher une pension de réversion après un Pacs ou un concubinage ?

Non. Tous les régimes exigent d’avoir été marié avec la personne décédée. Le Pacs et le concubinage ne donnent pas droit à la réversion.

La pension de réversion est-elle versée automatiquement ?

Non, il faut la demander. Une seule demande en ligne sur info-retraite.fr est transmise à tous les régimes de base et complémentaires du défunt.

J’ai moins de 55 ans : ai-je droit à quelque chose ?

Oui, dans certains cas. Les régimes des fonctionnaires n’exigent aucun âge. L’Agirc-Arrco n’en exige pas si vous avez 2 enfants à charge ou si vous êtes invalide. Le régime général peut verser une allocation de veuvage, sous conditions.

Mes ressources dépassent le plafond : est-ce que je perds tout ?

Pas forcément. Au régime général, la réversion est réduite du montant du dépassement et peut être revue si vos ressources changent. L’Agirc-Arrco et les régimes des fonctionnaires ne posent aucune condition de ressources.

Que se passe-t-il si je me remarie ou si je vis de nouveau en couple ?

Au régime général, vivre en couple n’empêche pas la réversion : les ressources du couple sont comparées au plafond de 40 002,56 € par an en 2026. À l’Agirc-Arrco, le remariage supprime définitivement le droit. Pour un fonctionnaire, une nouvelle union le fait perdre ; il peut être rétabli si elle prend fin.

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