Mis à jour le 16 octobre 2026.
Voici six profils fictifs de carrière longue, calculés trimestre par trimestre avec les règles en vigueur depuis le 1er septembre 2026. Dans ces six cas, ce qui coûte des mois n’est pas l’âge, mais un plafond de trimestres ou une période absente du relevé.
Comment ces cas sont calculés
- Début : 5 trimestres au 31 décembre de l’année de vos 16, 18, 20 ou 21 ans, ou 4 si vous êtes né d’octobre à décembre ou, au régime général et à la MSA, avez débuté comme non-salarié agricole.
- Durée : les trimestres cotisés du taux plein de votre génération (170, 171 ou 172), tous régimes. Les réputés cotisés sont plafonnés sur la carrière, notamment : 4 pour le service national, la maladie ou le chômage indemnisé, 2 pour l’invalidité ou les enfants ; la maternité, sans limite. Jamais plus de 4 trimestres par an.
- L’année du départ, le relevé d’un salarié du privé s’arrête au trimestre civil précédent : partir le 1er juillet, c’est compter 2 trimestres pour l’année (Service Public). La retraite démarre toujours un 1er du mois, jamais avant le dépôt de la demande.
Les règles viennent de la circulaire de l’Assurance retraite n° 2026-29 du 4 septembre 2026. Les âges par génération sont sur notre page retraite anticipée pour carrière longue, les plafonds sur celle des trimestres réputés cotisés.
Cas 1 : l’apprenti né en 1966
Né le 20 novembre 1966, apprenti boulanger de septembre 1982 à juin 1985, puis salarié à temps plein. Service militaire en 1987. Sa paie d’apprenti était faible : son relevé affiche 0, 1 et 1 trimestre de 1982 à 1984.
- Âge de début : né en novembre, il lui faut 4 trimestres. Il en a 2 fin 1984, l’année de ses 18 ans, et 10 fin 1986 : catégorie « avant 20 ans », départ dès 60 ans et 9 mois.
- Trimestres retenus : au 1er septembre 2027, 168 cotisés et 4 de service national, soit les 172 exigés.
- Départ possible : le 1er septembre 2027, à 60 ans et 9 mois.
- Ce qui bloque : l’apprentissage incomplet le prive de la catégorie « avant 18 ans ».
- Comment le régler : racheter les trimestres manquants, à tarif réduit sur 4 au plus, pour un contrat conclu entre le 1er juillet 1972 et le 31 décembre 2013 (Assurance retraite). Ils comptent pour la carrière longue. Avec 3 trimestres rachetés, 1 en 1983 et 2 en 1984, il a 5 trimestres fin 1984 et 172 au 1er décembre 2026 : départ possible dès 60 ans, jusqu’à 9 mois plus tôt, selon le délai de la caisse. Pièces : contrat, attestation de la chambre consulaire ou bulletins de paie. Voir notre guide du rachat de trimestres.
Cas 2 : la salariée née en 1965, mère de deux enfants
Née le 18 février 1965, salariée depuis novembre 1982. Deux enfants, nés en 1988 et 1992. Temps partiel peu payé de 1993 à 1996, à 2 trimestres par an. Arrêt maladie en 2014, reprise à mi-temps en 2015 : 5 trimestres de maladie validés.
- Âge de début : 5 trimestres fin 1983, l’année de ses 18 ans. L’âge de 60 ans est dépassé.
- Trimestres retenus : au 1er janvier 2027, 164 cotisés, 4 de maladie sur 5, et 2 d’enfants sur les 16 de son relevé (8 par enfant). Soit les 170 exigés.
- Départ possible : le 1er janvier 2027, à 61 ans et 10 mois, 11 mois avant son âge légal de 62 ans et 9 mois.
- Ce qui bloquait : avant le 1er septembre 2026, les trimestres d’enfants ne comptaient pas. Elle aurait attendu le 1er juillet 2027.
- Comment le régler : refaire l’attestation « Obtenir mon âge de départ à la retraite » (Service Public) et vérifier que ses enfants sont déclarés. Racheter ses années à temps partiel ne servirait à rien : un rachat d’années incomplètes demandé depuis le 13 octobre 2008 ne compte pas.
Cas 3 : l’ouvrier né en 1968, avec deux ans de chômage
Né le 3 février 1968, manœuvre dès octobre 1984. Service militaire en 1988. Chômage indemnisé en 2009 et 2010, puis nouvel emploi.
- Âge de début : 2 trimestres fin 1984, l’année de ses 16 ans, et 10 fin 1986 : catégorie « avant 18 ans », départ dès 60 ans, le 1er mars 2028.
- Trimestres retenus : ses deux ans de chômage ont validé 8 trimestres (1 par 50 jours indemnisés, 4 par an au plus), dont 4 seulement comptent. Au 1er mars 2028 : 162 cotisés, 4 de service national et 4 de chômage, soit 170 sur 172.
- Départ possible : le 1er juillet 2028, à 60 ans et 4 mois, 3 ans et 5 mois avant son âge légal de 63 ans et 9 mois.
- Ce qui bloque : le plafond de chômage. Sans lui, il aurait 174 trimestres en mars 2028 : il perd 4 mois.
- Comment le régler : rien à racheter, il travaille jusqu’au 30 juin 2028. Ses 4 trimestres de chômage étant utilisés, un nouveau chômage ne l’aiderait pas : avant toute rupture de contrat, il fait vérifier ses droits.
Cas 4 : la salariée née en 1970, entrée au travail à 19 ans
Née le 14 mai 1970, elle travaille dans un supermarché en juillet et août 1989, à 19 ans, puis y est embauchée en janvier 1990. Un an de chômage indemnisé en 2005, un enfant en 1998. L’été 1989 manque sur son relevé.
- Âge de début : il faut 5 trimestres fin 1990, l’année de ses 20 ans. Son relevé en montre 4 : catégorie « avant 21 ans », départ à 63 ans.
- Trimestres retenus : à 63 ans, elle dépasse les 172 exigés.
- Départ possible : le 1er juin 2033, à 63 ans, avec son relevé actuel.
- Ce qui bloque : le trimestre de l’été 1989. Jusqu’en 2013, un salaire de 200 heures au Smic validait un trimestre : deux mois à temps plein suffisaient.
- Comment le régler : faire corriger son relevé, possible dès 55 ans, avec ses bulletins de paie (voir prouver une période de travail). Avec 5 trimestres fin 1990, elle passe « avant 20 ans » : 61 ans et 9 mois. Au 1er mars 2032, elle aura 171 trimestres (165 cotisés, 4 de chômage, 2 d’enfant) : départ le 1er avril 2032, à 61 ans et 10 mois, 14 mois plus tôt.
Cas 5 : le fonctionnaire territorial né en 1967
Né le 8 avril 1967, salarié du privé dès octobre 1984, service militaire en 1986, contractuel puis titulaire d’une commune en 1991 (CNRACL). Disponibilité pour convenances personnelles en 2001, temps partiel à 80 %, congé de longue durée en 2016 et 2017.
- Âge de début : 6 trimestres fin 1985, l’année de ses 18 ans : départ dès 60 ans, le 1er mai 2027.
- Trimestres retenus : le temps partiel compte comme un temps plein, la disponibilité ne compte pas, et ses deux ans de congé de longue durée ne valent que 4 trimestres, plafond des congés de maladie statutaires à la CNRACL. Au 1er mai 2027 : 163 sur 172 (155 cotisés, 4 de service national, 4 de congé).
- Départ possible : le 1er juillet 2029, à 62 ans et 2 mois, 16 mois avant son âge légal de 63 ans et 6 mois. À la CNRACL, la date exacte se confirme auprès de la caisse.
- Ce qui bloque : le plafond du congé lui coûte un an : sans lui, il partirait le 1er juillet 2028.
- Comment le régler : rien à racheter, le rachat d’études ne compte pas à la CNRACL. Il vérifie que son service militaire et ses années de privé et de contractuel figurent sur son relevé, puis demande sa retraite entre 9 et 6 mois avant le départ, en prévenant son employeur (CNRACL). Voir aussi fonctionnaires, indépendants et agriculteurs.
Cas 6 : l’agriculteur devenu salarié, né en 1964
Né le 12 septembre 1964, aide familial dès 16 ans sur la ferme de ses parents, affilié à la MSA en 1983, exploitant jusqu’en 1999, deux ans sans activité, salarié depuis 2002. Ses années d’aide familial mineur manquent sur son relevé.
- Âge de début : ayant débuté comme non-salarié agricole, il lui faut 4 trimestres à ce régime : il en a 8 fin 1984, l’année de ses 20 ans. L’âge de 60 ans et 6 mois est dépassé.
- Trimestres retenus : au 31 décembre 2026, 68 à la MSA et 100 comme salarié, soit 168 sur 170.
- Départ possible : il atteint 170 au 30 juin 2027 et partira à son âge légal de 62 ans et 9 mois, le 1er juillet 2027, à taux plein. La carrière longue ne lui fait rien gagner.
- Ce qui bloque : 2 trimestres, alors qu’il travaillait à la ferme dès 16 ans.
- Comment le régler : la MSA permet de racheter les années où il était aide familial au 1er janvier, de la fin de l’obligation scolaire à l’année de sa majorité : 1981 et 1982 pour lui. Il prouve l’activité par des documents ou, à défaut, par une attestation sur l’honneur contresignée par deux témoins, qui se présentent à la MSA (MSA). Ce rachat compte comme cotisé. La MSA dit quelles années elle accepte et à quel prix ; il paie dans les 2 mois civils qui suivent sa notification. S’il gagne ainsi au moins 2 trimestres, il peut partir avant le 1er juillet 2027, selon le délai de la MSA. Le prix dépend de son âge et de ses revenus : à comparer aux mois de retraite gagnés.
Les six cas en un tableau
| Profil | Départ possible | Levier |
|---|---|---|
| Apprenti, 1966 | 1er septembre 2027, plus tôt avec rachat (dès 60 ans, selon le délai de la caisse) | Rachat d’apprentissage |
| Salariée, 1965, deux enfants | 1er janvier 2027 | 2 trimestres d’enfants |
| Ouvrier, 1968, chômage | 1er juillet 2028 | Aucun |
| Début à 19 ans, 1970 | 1er juin 2033, 1er avril 2032 si relevé corrigé | Prouver l’été 1989 |
| Fonctionnaire, 1967 | 1er juillet 2029 | Aucun |
| Agriculteur puis salarié, 1964 | 1er juillet 2027, plus tôt avec rachat (selon le délai de la MSA) | Rachat d’aide familial |
Ces calculs suivent les règles du 16 octobre 2026, qui peuvent changer pour un départ lointain. Ne quittez pas votre emploi avant la confirmation de tous vos régimes.
Questions fréquentes
Mes trimestres validés suffisent-ils pour partir en carrière longue ?
Non. La carrière longue ne retient que les trimestres cotisés et, dans leurs plafonds, les réputés cotisés, notamment 4 pour le chômage indemnisé, la maladie ou le service national, 2 pour les enfants. Un relevé bien rempli peut rester insuffisant.
Un rachat de trimestres peut-il m’aider à partir plus tôt ?
Seulement certains : l’apprentissage sous contrat conclu entre 1972 et 2013, l’aide familial agricole, quelques rachats anciens. Un rachat d’études ou d’années incomplètes demandé depuis le 13 octobre 2008 ne compte pas.
J’ai eu un refus avant septembre 2026 : puis-je redemander ?
Oui. Les nouvelles règles s’appliquent aux retraites qui démarrent depuis le 1er septembre 2026, y compris les 2 trimestres d’enfants. Refaites votre attestation avec le service en ligne de l’Assurance retraite.
Je perds mon emploi avant mon départ : que se passe-t-il ?
Le chômage indemnisé compte dans la limite de 4 trimestres sur toute la carrière. Si vous les avez déjà utilisés, il ne vous rapproche pas du départ. Et les allocations cessent dès l’attribution de la retraite anticipée.
