Carrière longue et maladie, invalidité ou accident du travail

Mis à jour le 16 octobre 2026.

Un arrêt maladie, un accident du travail ou une invalidité ne vous ferment pas la carrière longue : une partie de ces périodes compte comme des trimestres cotisés. Le plafond est de 4 trimestres sur toute la carrière pour la maladie et les accidents du travail réunis, de 2 pour l’invalidité, et il n’y en a aucun pour la maternité. Si cela ne suffit pas, d’autres départs anticipés existent : incapacité permanente dès 60 ans, inaptitude à 62 ans, handicap de 55 à 59 ans selon votre génération.

Ce que la carrière longue retient de vos arrêts

La carrière longue exige d’avoir commencé tôt et de réunir 170 à 172 trimestres cotisés selon votre génération (voir la retraite anticipée pour carrière longue). Vos arrêts ne sont pas cotisés mais « assimilés » ; une partie compte comme « réputée cotisée », selon la circulaire de l’Assurance retraite n° 2026-29 du 4 septembre 2026.

Votre situation Trimestres validés sur votre relevé Retenus pour la carrière longue
Arrêt maladie indemnisé 1 par période de 60 jours d’indemnités journalières, 4 par an au plus 4 au plus sur toute la carrière, accidents du travail compris
Accident du travail ou maladie professionnelle, pendant l’arrêt Même règle que la maladie Dans les mêmes 4 trimestres
Congé maternité ou d’adoption indemnisé 1 par période de 90 jours d’indemnités, au moins 1 Tous, sans limite
Pension d’invalidité 1 par trimestre civil comprenant 3 mensualités de pension 2 au plus sur toute la carrière
Rente d’accident du travail pour une incapacité d’au moins 66 % 1 par trimestre civil comprenant 3 mensualités Aucun

Sources : circulaire n° 2026-29, Service Public (durée d’assurance).

Ces plafonds valent pour toute la carrière, tous régimes de base confondus. Les trimestres au-delà restent dans votre durée d’assurance, mais n’aident pas à ouvrir le départ anticipé. Pour le chômage et les autres périodes, voir les trimestres réputés cotisés.

Arrêts maladie et accidents du travail : un plafond commun de 4 trimestres

Un trimestre est reporté automatiquement sur votre relevé tous les 60 jours d’indemnisation par l’assurance maladie, pour une maladie, un accident du travail ou une maladie professionnelle (Assurance retraite). Pour la carrière longue, ils comptent comme cotisés dans la limite de 4 sur toute la carrière.

  • Quelques arrêts courts, sans 60 jours d’indemnités, peuvent ne donner aucun trimestre.
  • Une année ne compte jamais plus de 4 trimestres, cotisés et réputés cotisés réunis : un arrêt pendant une année déjà pleine de salaires n’apporte rien.
  • Si une année réunit plusieurs catégories (maladie, chômage, invalidité), la caisse retient la répartition la plus favorable.
  • Pour la condition de début de carrière, les trimestres assimilés, par exemple de maladie, comptent aussi.
  • Indépendants : maladie, maternité et invalidité comptent comme pour les salariés. Fonctionnaires : congés de maladie, de longue maladie, de longue durée ou pour invalidité temporaire imputable au service dans la limite de 4 trimestres, invalidité dans la limite de 2.

Maternité : tous les trimestres comptent

Les congés maternité ou d’adoption indemnisés comptent tous comme cotisés, sans plafond : un trimestre par période de 90 jours d’indemnités, et au moins un. Ne les confondez pas avec les trimestres accordés pour la naissance ou l’éducation d’un enfant, retenus pour 2 au plus depuis le 1er septembre 2026.

Invalidité : 2 trimestres seulement, et une pension qui s’arrête

Chaque trimestre civil qui comprend 3 mensualités de pension d’invalidité valide un trimestre. Pour la carrière longue, 2 seulement comptent comme cotisés, quelle que soit la durée de l’invalidité.

Invalide, vous pouvez partir en carrière longue avant 62 ans, sous conditions. Mais :

  • votre pension d’invalidité cesse d’être versée dès l’attribution de la retraite anticipée ;
  • l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) et la majoration pour tierce personne restent versées par l’assurance maladie ;
  • les points Agirc-Arrco attribués sans cotisation pendant l’invalidité s’arrêtent avec la pension ;
  • à 62 ans, si vous ne travaillez pas et ne cherchez pas d’emploi, la pension est remplacée par une retraite pour inaptitude au taux plein, sans examen médical (pensez à envoyer votre demande de retraite).

La carrière longue ne fait donc gagner que le temps qui vous sépare de 62 ans. Comparez d’abord votre pension d’invalidité et l’estimation de votre retraite (voir invalidité et retraite).

Accident du travail : la rente et la retraite pour incapacité permanente

Après la consolidation, une rente peut vous être versée. Pour une incapacité permanente d’au moins 66 %, elle fait valider des trimestres, que la carrière longue ne retient pas comme cotisés. Elle peut en revanche ouvrir la retraite pour incapacité permanente, au taux plein quel que soit votre nombre de trimestres :

  • taux d’au moins 20 % : départ dès 60 ans. Après un accident du travail, le médecin-conseil vérifie que vos lésions sont identiques à celles d’une maladie professionnelle. Plusieurs taux s’additionnent si l’un atteint 10 % ;
  • taux de 10 à 19 % : départ 2 ans avant l’âge légal, après 17 ans d’exposition à des risques professionnels à l’origine de votre incapacité, conditions vérifiées en principe par une commission ;
  • pas de droit après un accident de trajet, ni de cumul avec une pension d’invalidité ou l’allocation des travailleurs de l’amiante ;
  • pas d’attribution automatique : formulaire dédié à envoyer 5 mois avant la date choisie, avec la notification de rente et de consolidation.

Carrière longue, handicap, incapacité, inaptitude : lequel choisir ?

Dispositif Départ au plus tôt Condition principale Trimestres exigés
Carrière longue De 58 à 63 ans selon l’âge de début et la génération Avoir commencé avant 16, 18, 20 ou 21 ans 170 à 172 cotisés, réputés cotisés compris
Retraite anticipée pour handicap De 55 à 59 ans selon la génération (55 ans si né à partir de 1967) Incapacité permanente d’au moins 50 % (ou handicap comparable) pendant les trimestres cotisés Cotisés pendant le handicap, selon l’âge et la génération (110 à 55 ans si né de 1967 à 1969)
Incapacité permanente (accident du travail, maladie professionnelle) 60 ans, ou 2 ans avant l’âge légal Rente avec un taux d’au moins 20 %, ou de 10 à 19 % sous conditions Aucun minimum
Inaptitude au travail 62 ans Incapacité de travail d’au moins 50 % reconnue par le médecin-conseil, sans examen si vous touchez une pension d’invalidité Aucun minimum

Les quatre donnent une retraite de base au taux plein de 50 %, et l’Agirc-Arrco verse alors sa retraite complémentaire à taux plein. Pour choisir :

  • Regardez d’abord les dates : demandez le dispositif qui ouvre la date la plus proche.
  • Avec beaucoup d’arrêts ou une longue invalidité, la carrière longue bute sur les plafonds ; l’incapacité permanente et l’inaptitude n’exigent aucun trimestre.
  • Pour le handicap, seuls les trimestres cotisés comptent, pas ceux de maladie ou d’invalidité ; mais une pension d’invalidité de 2e ou 3e catégorie peut prouver le handicap.
  • Le montant dépend aussi des trimestres validés à la date de départ : faites estimer chaque date dans votre espace personnel.
  • Déjà parti en carrière longue ? Dès 62 ans, vous pouvez demander à être reconnu inapte pour obtenir la majoration pour tierce personne, et l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) peut être versée si vos ressources sont faibles, même sans inaptitude.

Voir aussi la retraite pour inaptitude et la retraite anticipée pour handicap.

Trois exemples

Martine : un an et demi d’arrêt maladie

Née le 15 janvier 1968, Martine a commencé à 17 ans : départ possible dès 60 ans, avec 172 trimestres cotisés. Fin 2027, elle aura 166 trimestres cotisés et 6 de maladie, après un an et demi d’arrêt. Seuls 4 de maladie comptent : 166 + 4 = 170, il en manque 2. Pas de départ au 1er février 2028, donc. En travaillant jusqu’au 30 juin 2028, elle valide 2 trimestres cotisés de plus et peut partir le 1er juillet 2028.

Karim : une pension d’invalidité

Né le 10 mars 1966, Karim a commencé à 17 ans : départ possible dès 60 ans, avec 172 trimestres. Invalide depuis janvier 2025, sans travail ni recherche d’emploi, il a 165 trimestres cotisés, 3 de maladie et 7 d’invalidité : 165 + 3 + 2 = 170, il en manque 2. Le 1er avril 2028, après ses 62 ans, sa pension sera remplacée par une retraite pour inaptitude au taux plein, après envoi de sa demande de retraite. Avec 172, il aurait pu partir plus tôt en perdant sa pension : il aurait fallu comparer.

Sylvie : un accident du travail avec séquelles

Née le 20 juin 1967, Sylvie a commencé à 18 ans : carrière longue dès 61 ans avec 172 trimestres. À 61 ans, elle aura 168 trimestres cotisés et 6 d’accident du travail : 168 + 4 = 172, départ possible le 1er juillet 2028. Elle touche une rente pour une incapacité de 25 %. Si le médecin-conseil reconnaît des lésions identiques à celles d’une maladie professionnelle, elle peut partir dès le 1er juillet 2027, à 60 ans. Avec un taux de 15 % et 17 ans d’exposition, l’incapacité permanente ne l’aurait fait partir qu’à 61 ans et 6 mois (2 ans avant son âge légal de 63 ans et 6 mois) : la carrière longue aurait été plus rapide.

Vérifier son relevé et préparer la demande

  1. Vérifiez que chaque arrêt indemnisé, congé maternité et période d’invalidité figure sur votre relevé, et gardez vos attestations de la Sécurité sociale. En cas d’oubli, demandez une régularisation par votre espace personnel, possible dès 55 ans.
  2. Comptez : cotisés, puis au plus 4 trimestres de maladie et d’accident du travail, 2 d’invalidité, tous ceux de maternité, sans dépasser 4 par an.
  3. Utilisez le service « Obtenir mon âge de départ à la retraite » sur lassuranceretraite.fr, qui délivre une attestation de départ anticipé (fiche Service Public de la carrière longue).
  4. Déposez la demande 5 mois avant la date choisie, et n’arrêtez pas de travailler avant la confirmation de tous vos régimes.

Questions fréquentes

Mes arrêts maladie comptent-ils pour la carrière longue ?

Oui, s’ils ont été indemnisés : un trimestre par période de 60 jours d’indemnités, retenu comme cotisé dans la limite de 4 sur toute la carrière, accidents du travail compris.

Mes congés maternité sont-ils plafonnés ?

Non. Toutes les périodes de maternité ou d’adoption indemnisées comptent comme cotisées. Les trimestres accordés pour les enfants, eux, comptent pour 2 au plus.

Je touche une pension d’invalidité : puis-je partir en carrière longue avant 62 ans ?

Oui, si vous remplissez les conditions. Seuls 2 trimestres d’invalidité comptent comme cotisés, et votre pension s’arrête au départ ; l’ASI et la majoration pour tierce personne restent versées.

Ma rente d’accident du travail m’aide-t-elle à partir plus tôt ?

Pas pour la carrière longue. Mais avec un taux d’incapacité d’au moins 20 %, la retraite pour incapacité permanente permet de partir dès 60 ans au taux plein, sans condition de trimestres, si l’origine de vos lésions le permet.

Après une carrière longue, puis-je demander l’inaptitude ?

Oui, à partir de 62 ans et jusqu’à l’âge où le taux plein est acquis d’office (67 ans). Cette reconnaissance sert à obtenir ou à préserver la majoration pour tierce personne, réservée aux retraites pour inaptitude.

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