Mis à jour le 16 octobre 2026.
Un artisan ou un commerçant cotise aujourd’hui au régime général : sa retraite de base et sa complémentaire sont versées par l’Assurance retraite. Un libéral d’une profession réglementée relève de la CNAVPL et de la caisse de sa profession, un avocat de la CNBF. Partout, les trimestres dépendent du revenu sur lequel vous avez cotisé, et non du temps passé à travailler.
Qui gère la retraite des indépendants ?
Artisans, commerçants et libéraux non réglementés
L’ancien RSI est devenu la Sécurité sociale pour les indépendants, intégrée au régime général. Les cotisations se paient à l’Urssaf. Pour les droits à la retraite, l’interlocuteur est la Carsat du lieu de résidence, indique l’Urssaf. L’Assurance retraite verse la retraite de base et la retraite complémentaire des indépendants (RCI), régime unique des artisans et commerçants depuis 2013. Les micro-entrepreneurs suivent la même règle, sauf certaines professions libérales réglementées, affiliées à la Cipav.
Professions libérales réglementées et avocats
Les libéraux partagent un régime de base en points, géré par la CNAVPL. Ses dix sections professionnelles gèrent chacune un ou plusieurs régimes complémentaires. Les avocats relèvent de la Caisse nationale des barreaux français (CNBF), qui gère leur retraite de base, leur complémentaire et leur invalidité-décès.
| Profession | Caisse de base | Caisse complémentaire |
|---|---|---|
| Artisan, commerçant | Assurance retraite (Carsat) | RCI, versée par l’Assurance retraite |
| Profession libérale non réglementée, micro-entrepreneur hors Cipav | Assurance retraite (Carsat) | RCI, versée par l’Assurance retraite |
| Architecte, ingénieur conseil, ostéopathe, psychologue, géomètre expert | CNAVPL, via la Cipav | Cipav |
| Médecin | CNAVPL, via la CARMF | CARMF (complémentaire et allocations supplémentaires de vieillesse) |
| Infirmier, masseur-kinésithérapeute, orthophoniste, orthoptiste, pédicure-podologue | CNAVPL, via la CARPIMKO | CARPIMKO |
| Chirurgien-dentiste, sage-femme | CNAVPL, via la CARCDSF | CARCDSF |
| Expert-comptable, commissaire aux comptes | CNAVPL, via la CAVEC | CAVEC |
| Pharmacien (CAVP), vétérinaire (CARPV), notaire (CPRN), officier ministériel (CAVOM), agent général d’assurance (CAVAMAC) | CNAVPL, via la section | La même section |
| Avocat | CNBF | CNBF |
Valider ses trimestres selon son revenu en 2026
Pour un indépendant, un trimestre ne dépend pas de la durée réelle de l’activité, mais du montant cotisé. On ne valide jamais plus de 4 trimestres par an, même en cumulant plusieurs activités. Voir aussi notre guide sur les trimestres cotisés, assimilés et validés.
Artisans et commerçants
En 2026, il faut 1 803 € de revenu cotisé par trimestre, soit 150 fois le Smic horaire de 12,02 €. Voici les seuils publiés par l’Assurance retraite.
| Trimestres validés en 2026 | Revenu annuel cotisé | Cotisation retraite de base |
|---|---|---|
| 1 | 1 803 € | 322 € |
| 2 | 3 606 € | 644 € |
| 3 | 5 409 € | 967 € |
| 4 | 7 212 € | 1 289 € |
Si le revenu est faible ou déficitaire, une cotisation minimale de retraite de base est due : 967 € en 2026, calculés sur 450 fois le Smic horaire. Elle valide 3 trimestres. Elle ne s’applique pas aux bénéficiaires du RSA ou de la prime d’activité, qui cotisent sur leur revenu réel.
Professions libérales
À la Cipav, en 2026, un trimestre est validé par tranche de revenu de 1 803 €. Pour tous les libéraux, la cotisation minimale du régime de base s’élève à 573 € en 2026 et valide 3 trimestres. Sauf demande, elle n’est pas appliquée aux bénéficiaires du RSA ou de la prime d’activité.
Micro-entrepreneurs : tout part du chiffre d’affaires
Le micro-entrepreneur cotise sur son chiffre d’affaires. La part de ses cotisations affectée à la retraite de base est convertie en revenu cotisé, puis divisée par 1 803 € pour obtenir ses trimestres de 2026, explique Service Public Entreprendre. Avec 12 100 € de chiffre d’affaires en 2026, un micro-entrepreneur à jour de ses cotisations valide :
- 2 trimestres en vente de marchandises ;
- 3 trimestres en prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) ;
- 4 trimestres en profession libérale hors Cipav.
À la Cipav, les seuils 2026 sont fixes : 2 792 € de chiffre d’affaires pour 1 trimestre, 5 584 € pour 2, 8 376 € pour 3 et 11 168 € pour 4.
Sans chiffre d’affaires, il n’y a ni cotisation ni droit à la retraite. Si vous prévoyez un revenu nul ou très faible, vous pouvez opter pour le paiement volontaire des cotisations minimales. Enfin, un salarié qui a déjà ses 4 trimestres dans l’année gagne des droits avec sa micro-entreprise, mais aucun trimestre de plus.
Le calcul de la pension, en grandes lignes
Artisans et commerçants
Depuis 1973, la retraite de base suit la formule des salariés : revenu annuel moyen × taux × (trimestres validés / durée de référence). Le revenu annuel moyen est la moyenne des 25 meilleures années, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026). Le taux plein est de 50 %. Chaque trimestre manquant entraîne une décote de 1,25 %, sur 20 trimestres au plus. Chaque trimestre cotisé au-delà de l’âge légal et de la durée requise donne une surcote de 1,25 %. Notre guide pour calculer sa pension de retraite détaille la formule.
La RCI se calcule en points : nombre de points × valeur du point, soit 1,347 € au 1er janvier 2026. Elle est versée en entier si la retraite de base est au taux plein, et réduite sinon.
Professions libérales
La retraite de base est égale au nombre de points × la valeur du point × un taux qui dépend de la durée d’assurance. Le point vaut 0,6599 € depuis le 1er janvier 2026. Exemple donné par Service Public Entreprendre : 12 500 points rapportent 8 248 € par an. La décote et la surcote sont de 1,25 % par trimestre. La complémentaire dépend de la section, et la valeur de son point varie fortement d’une caisse à l’autre.
Avocats
La retraite de base de la CNBF est forfaitaire : 19 154 € par an au maximum en 2026 pour une carrière complète, réduits au prorata des trimestres. Exemple de la CNBF : pour un avocat né en 1968, 146 trimestres au lieu de 172 donnent 16 259 € par an, avant une éventuelle décote. La complémentaire est en points.
À quel âge ?
Les âges sont ceux des salariés. Le relèvement prévu par la réforme de 2023 est suspendu par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, rappelle Service Public. Pour une retraite prenant effet à partir du 1er septembre 2026, l’âge légal va de 62 ans et 9 mois à 63 ans et 9 mois pour les personnes nées de 1963 à 1968. Il reste à 64 ans à partir de la génération 1969. Le taux plein est automatique à 67 ans. Voir notre page sur la suspension de la réforme.
Le conjoint collaborateur
Le conjoint collaborateur (marié, pacsé ou concubin) travaille régulièrement dans l’entreprise, sans salaire et sans être associé. Il cotise à son nom et acquiert des droits propres en retraite de base et complémentaire. Il choisit son assiette : un forfait ou une fraction du revenu du chef d’entreprise, avec ou sans partage.
Le statut est limité à 5 ans, rappelle la Sécurité sociale pour les indépendants :
- déclaré avant le 1er janvier 2022 : statut conservé jusqu’au 31 décembre 2026 au plus tard ;
- né en 1964 ou avant et déclaré avant 2022 : jusqu’à 67 ans au maximum ;
- déclaré depuis 2022 : 5 ans au maximum.
Ensuite, le conjoint qui continue à travailler devient conjoint salarié ou conjoint associé. Sans choix, le statut de conjoint salarié s’applique.
Chez les libéraux, le conjoint collaborateur cotise à la section du professionnel. Pour la base, il cotise sur un forfait égal à la moitié du plafond de la Sécurité sociale (24 030 € en 2026) ou sur une part du revenu du professionnel. Celui qui atteint l’âge du taux plein au plus tard le 31 décembre 2031 peut garder le statut jusqu’à sa retraite.
Carrière mixte : salarié puis indépendant
Si vous avez cotisé à plusieurs caisses, vous êtes polypensionné : chaque caisse verse sa pension, et votre retraite est la somme de ces pensions.
Pour un ancien salarié devenu artisan ou commerçant, l’Assurance retraite verse une seule retraite de base pour les deux périodes, plus la RCI. L’Agirc-Arrco verse la complémentaire des années de salarié.
Après un passage du salariat à une profession libérale, vous aurez deux retraites de base : l’Assurance retraite et la CNAVPL. Pour le taux de la retraite libérale, la durée d’assurance retenue inclut vos trimestres des autres régimes de base.
Une demande de retraite faite en ligne sur info-retraite.fr est transmise à tous les régimes concernés. Pour un artisan ou un commerçant, Service Public Entreprendre conseille de la déposer 4 à 6 mois avant le départ.
Racheter des trimestres
Artisans, commerçants et libéraux non réglementés ont accès au rachat Madelin. Il faut être en activité, ou radié depuis moins de 12 mois, et à jour de ses cotisations. Le rachat porte sur les 6 dernières années régularisées qui n’ont pas permis de valider 4 trimestres. Ces trimestres comptent comme cotisés, y compris pour une retraite anticipée pour carrière longue, et leur coût est déductible du revenu imposable. Les conjoints collaborateurs en sont exclus. Les années d’études ou incomplètes peuvent aussi être rachetées, jusqu’à 12 trimestres.
Les libéraux peuvent racheter jusqu’à 12 trimestres, et parfois des points, pour des années incomplètes ou d’études. Le prix dépend de l’âge et du revenu moyen des trois dernières années. Le paiement peut être étalé sur 1, 3 ou 5 ans. Voir notre guide sur le rachat de trimestres.
Points de vigilance
- Les revenus faibles. Sous 1 803 € de revenu cotisé, un artisan ne valide aucun trimestre par son revenu. Seule la cotisation minimale lui en apporte 3, hors RSA et prime d’activité.
- Les années non déclarées ou impayées. Les cotisations provisoires sont recalculées sur le revenu réel déclaré. À la Cipav, trimestres et points ne deviennent définitifs qu’à cette régularisation. Le rachat Madelin et la liquidation à la CNBF exigent d’être à jour.
- La micro-entreprise en sommeil. Il faut déclarer son chiffre d’affaires même nul, mais un chiffre d’affaires nul ne crée aucun droit.
- Le relevé de carrière. Demandez-le au moins 2 ans avant le départ. Dès 55 ans, vous pouvez demander une correction en ligne avec FranceConnect.
Questions fréquentes
Quel revenu faut-il en 2026 pour valider 4 trimestres quand on est artisan ou commerçant ?
Un revenu cotisé d’au moins 7 212 € sur l’année, soit 1 803 € par trimestre. En dessous, la cotisation minimale de 967 € valide 3 trimestres, sauf si vous percevez le RSA ou la prime d’activité.
Un micro-entrepreneur sans chiffre d’affaires valide-t-il des trimestres ?
Non. Sans chiffre d’affaires, il ne verse pas de cotisations et n’acquiert aucun droit à la retraite pour cette activité. Il peut opter pour le paiement volontaire des cotisations minimales.
J’ai été salarié puis artisan : combien de retraites vais-je recevoir ?
L’Assurance retraite verse une seule retraite de base pour vos périodes de salarié et d’artisan, ainsi que la retraite complémentaire des indépendants. L’Agirc-Arrco verse la complémentaire de vos années de salarié.
Mon conjoint collaborateur peut-il garder ce statut après 2026 ?
Le statut est limité à 5 ans. Un conjoint déclaré avant 2022 le garde au plus tard jusqu’au 31 décembre 2026, ou jusqu’à 67 ans s’il est né en 1964 ou avant. Ensuite, il devient conjoint salarié ou conjoint associé.
