Mis à jour le 16 octobre 2026.
Détaché, vous continuez à cotiser en France. Expatrié, vous cotisez dans le pays où vous travaillez, et vous pouvez cotiser en plus, à titre volontaire : à la Caisse des Français de l’étranger (CFE) pour la retraite de base, à Malakoff Humanis International Agirc-Arrco pour la complémentaire. L’adhésion à la CFE n’est jamais rétroactive : adhérez dès le départ.
Ce guide vise les salariés du privé ; fonctionnaires et indépendants, interrogez votre caisse. Depuis mai 2026, la CFE accepte aussi les indépendants en assurance vieillesse : interrogez-la.
Détaché ou expatrié : ce qui change
Vous êtes détaché quand votre employeur établi en France vous envoie temporairement à l’étranger et garde votre contrat de travail. Vous restez affilié à l’Assurance retraite et à l’Agirc-Arrco comme en France. Le détachement dure en principe 24 mois au plus dans l’Union européenne, l’Espace économique européen et en Suisse (prolongeable si les deux États l’acceptent), 24 mois au Royaume-Uni, et de 1 à 5 ans au départ dans les pays liés à la France par une convention de sécurité sociale. Au-delà de la durée maximale, vous êtes considéré comme expatrié (service-public.gouv.fr).
Vous êtes expatrié si vous partez pour une mission de longue durée ou si vous êtes employé par une entreprise implantée hors de France. Vous cotisez alors au régime local. Dans l’UE, l’EEE, en Suisse, au Royaume-Uni ou dans un pays lié par une convention, ces périodes comptent pour votre retraite française et chaque pays verse sa part. Ailleurs, elles ne comptent pas.
Séparez trois questions : où vous cotisez (vos droits), où vous vivez (en principe, la caisse qui recevra votre demande de retraite), où vous payez vos impôts (la convention fiscale, sur impots.gouv.fr).
Votre situation en un tableau
| Situation | Ce qui se passe pour la retraite | Que faire |
|---|---|---|
| Détaché dans l’UE, l’EEE, en Suisse ou au Royaume-Uni | Vous cotisez en France comme avant, en principe 24 mois au plus | Notez la date de fin du détachement |
| Détaché dans un pays lié par une convention | Même chose, pendant la durée prévue (1 à 5 ans au départ) | Lisez la fiche du pays sur cleiss.fr |
| Détaché dans un pays sans convention | Régime français 3 ans, renouvelable une fois ; cotisations locales possibles | Renseignez-vous avant de partir |
| Expatrié dans l’UE, l’EEE, en Suisse ou au Royaume-Uni | Vous cotisez sur place ; vos périodes comptent | Gardez vos preuves ; CFE possible, sous conditions |
| Expatrié dans un pays lié par une convention | Périodes prises en compte selon la convention | Vérifiez qu’elle couvre votre statut |
| Expatrié dans un pays sans convention | Ces années ne comptent pas en France | CFE et Agirc-Arrco dès le départ, sinon rachat |
| Conjoint qui suit sans travailler | Aucun trimestre en France | CFE, comme ancien assuré ou personne chargée de famille |
| Retour en France sans cotisation volontaire | Les années hors convention manquent | Rachat dans les 10 ans |
L’assurance volontaire vieillesse de la CFE
La CFE reverse vos cotisations à l’Assurance retraite. Elle ne vous dispense jamais des cotisations obligatoires du pays où vous travaillez : elle s’y ajoute (Cleiss).
Qui peut adhérer
Il faut remplir l’une de ces conditions :
- avoir cotisé 6 mois à l’assurance vieillesse obligatoire avant de quitter la France, et en être sorti depuis moins de 6 mois quand la CFE reçoit votre demande ;
- ou avoir relevé 5 ans au moins, même en plusieurs fois, d’un régime français d’assurance maladie obligatoire, si vous n’êtes pas né en France ;
- ou être né en France et avoir relevé d’un régime français d’assurance maladie obligatoire, sans durée minimale.
Il n’y a pas de condition de nationalité. Au titre des 6 mois, vos cotisations sont calculées à titre définitif sur vos 6 derniers salaires en France. Dans l’UE, le règlement 883/2004 (article 14) admet ce cumul pour la vieillesse si vous avez déjà travaillé en France et si la loi française le permet : faites confirmer votre cas par la CFE.
Quand adhérer
Idéalement avant le départ. L’adhésion prend effet à la date de votre expatriation, ou à la date où la CFE reçoit votre bulletin si elle est plus tardive. Elle ne couvre jamais une période déjà passée à l’étranger. Vous pouvez estimer la cotisation et adhérer en ligne (cfe.fr).
Combien ça coûte en 2026
La cotisation est trimestrielle et dépend de vos revenus annuels (ou de votre âge, avant 22 ans). Extrait du barème CFE d’avril 2026, pour les 3e et 4e trimestres :
| Catégorie | Revenus annuels ou âge | Base annuelle | Cotisation par trimestre |
|---|---|---|---|
| 1 | 48 060 € ou plus | 48 060 € | 2 157 € |
| 2 | de 24 029 € à 48 059 € | 36 045 € | 1 617 € |
| 3 | moins de 24 029 € | 24 030 € | 1 080 € |
| 4 | assurés de moins de 22 ans | 12 015 € | 540 € |
Le taux est de 17,96 % aux 3e et 4e trimestres 2026 (17,87 % au 1er, 18,05 % au 2e). La cotisation couvre la retraite et le veuvage.
Combien de trimestres vous obtenez
L’Assurance retraite valide vos trimestres. En 2026, 1 803 € de salaire cotisé valident un trimestre, 4 au plus par an. La plus petite base de la CFE (12 015 € par an) dépasse les 7 212 € requis pour 4 trimestres : une année complète de cotisation en valide donc, en principe, 4. Les montants reportés comptent aussi pour votre salaire annuel moyen.
La retraite complémentaire : une démarche à part
La CFE ne couvre que la retraite de base. Pour gagner des points Agirc-Arrco, facultatif pour un expatrié, deux voies existent (agirc-arrco.fr) :
- par votre employeur, s’il a un contrat collectif pour ses expatriés auprès de Malakoff Humanis International Agirc-Arrco, avec votre accord ;
- à titre individuel, auprès de la même caisse, sauf si vous avez la nationalité du pays où vous êtes salarié.
Il faut avoir déjà cotisé à l’Agirc-Arrco, ou cotiser à la CFE. En adhésion individuelle, vous avez 12 mois pour adhérer ; ensuite, l’adhésion est fixée au 1er janvier de l’année en cours, sauf à payer des majorations de retard. Contact : international@malakoffhumanis.com. Sans cotisation, vous gardez vos points acquis, mais n’en gagnez plus.
Racheter après coup vos années à l’étranger
La CFE ne fait pas de rachat. L’Assurance retraite permet de racheter des périodes d’activité salariée à l’étranger si vous avez été à la charge d’un régime obligatoire français d’assurance maladie pendant au moins 5 ans, et si vous le demandez dans les 10 ans qui suivent le dernier jour de votre dernière activité à l’étranger (lassuranceretraite.fr).
Deux options : le taux seul, ou le taux et la durée d’assurance (vous gagnez aussi des trimestres). Aucun salaire n’est reporté : ces années ne comptent pas dans le salaire annuel moyen. Le prix dépend de votre âge, de l’option et de vos revenus des 12 derniers mois d’activité. Prix d’un trimestre, demande déposée en 2026 :
| Âge à la demande | Taux seul | Taux et durée |
|---|---|---|
| 50 ans | 2 672 € à 3 563 € | 3 960 € à 5 279 € |
| 55 ans | 2 980 € à 3 973 € | 4 416 € à 5 888 € |
| 60 ans | 3 275 € à 4 367 € | 4 854 € à 6 472 € |
Premier montant : revenu annuel inférieur à 36 045 € ; second : au-delà de 48 060 € ; entre les deux, un pourcentage du revenu. Vous pouvez payer comptant ou en plusieurs fois. Un conjoint survivant peut racheter les périodes du défunt, pour sa pension de réversion. Ce n’est pas le rachat d’années d’études ou d’années incomplètes.
Le conjoint qui suit sans travailler
Sans activité, vous ne cotisez plus en France. Certains États font cotiser leurs résidents : renseignez-vous. Sinon, la CFE propose deux formules :
- ancien assuré : vous avez été assuré obligatoire au moins 6 mois et vous demandez l’adhésion dans les 6 mois qui suivent la fin de cette assurance ; la cotisation est celle d’un salarié ;
- personne chargée de famille : aucune activité professionnelle, au moins un enfant à charge de moins de 20 ans à la date d’adhésion, et 5 ans au moins dans un régime français d’assurance maladie. Cotisation : 1 095 € par trimestre aux 3e et 4e trimestres 2026 (17,96 % de 507 fois le Smic horaire du 1er janvier 2026, soit 12,02 €).
La formule choisie fixe le montant de la cotisation et celui reporté sur votre relevé de carrière.
Les erreurs les plus fréquentes
- Adhérer trop tard à la CFE : aucun effet rétroactif, et le délai de 6 mois de la voie « ancien assuré » passe vite.
- Oublier la complémentaire : la CFE ne donne aucun point Agirc-Arrco.
- Laisser filer la fin d’un détachement : au-delà, sauf prolongation accordée, vous changez de régime.
- Croire perdue une période absente du relevé : les relevés actuels ne montrent pas les périodes à l’étranger, ce qui ne veut pas dire qu’elles ne compteront pas.
Au retour en France
- Prévenez la CFE : elle propose un formulaire de demande de radiation.
- Vérifiez votre relevé de carrière : vos trimestres CFE doivent y figurer. Gardez vos preuves d’activité à l’étranger.
- Sans cotisation volontaire, lancez le rachat avant la fin des 10 ans.
- Avant de quitter un pays sans convention, demandez si vos cotisations locales sont remboursables : c’est parfois au départ.
- À la retraite, si vous vivez en France, adressez-vous à la caisse de votre lieu de résidence : elle transmet votre demande aux pays où vous avez travaillé. Contactez-la 5 mois avant la date de départ choisie.
Chaque pays verse sa propre retraite, selon ses règles et à son propre âge : voyez nos guides carrière à l’étranger et pays hors Union européenne. Pour votre cas précis, interrogez la CFE, le Cleiss ou votre caisse.
Questions fréquentes
Puis-je adhérer à la CFE après plusieurs années à l’étranger ?
Oui, si vous remplissez une des conditions, mais pour l’avenir seulement. Pour le passé, il reste le rachat, dans les 10 ans.
Combien coûte la cotisation retraite à la CFE en 2026 ?
Selon le barème d’avril 2026, de 1 080 € à 2 157 € par trimestre aux 3e et 4e trimestres selon vos revenus, et 540 € pour les assurés de moins de 22 ans. Personne sans activité chargée de famille : 1 095 € par trimestre.
La CFE me donne-t-elle des points Agirc-Arrco ?
Non. Adressez-vous à Malakoff Humanis International Agirc-Arrco, par votre employeur ou à titre individuel (dans les 12 mois).
Mon conjoint ne travaille pas à l’étranger : peut-il cotiser ?
Oui, à la CFE : comme ancien assuré, dans les 6 mois après la fin de son assurance obligatoire, ou comme personne chargée de famille (enfant de moins de 20 ans, 5 ans d’assurance maladie en France).
Combien de temps ai-je pour racheter mes années à l’étranger ?
10 ans après le dernier jour de votre dernière activité à l’étranger, si vous avez relevé au moins 5 ans d’un régime français d’assurance maladie.
